Alliances par Boyd K. Packer du College des douze apôtres Conférence générale, octobre 1990. C'était quelque chose que d'entendre Joseph Fielding Smith prier. Même âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, il priait de pouvoir « garder ses _alliances_ et ses _obligations_ et persévérer jusqu'à la fin ». Le mot _alliance_ est le sujet de mon message. Le Seigneur dit aux anciens : « Avec toi j'établirai mon alliance » (Genèse 6:18). II dit aux Néphites : « Vous êtes les enfants de l'alliance » (3 Néphi 20:26). Et il décrivit l'Évangile rétabli comme étant la nouvelle alliance éternelle » (D&A 22:1). Tous les saints des derniers jours sont sous l'alliance. Le baptême est une alliance ; la Sainte-Cène aussi. Par elle nous renouvelons l'alliance du baptême et nous nous engageons à « (nous) souvenir toujours de lui et garder les commandements » (D&A 20:77). **Trois modes de vie dangereux** Mon message s'adresse à ceux d'entre vous qui sont tentés de promouvoir, d'adopter ou de conserver un mode de vie qui enfreint leurs alliances et leur apportera un jour le chagrin, à eux et a ceux qui vous aiment. Un nombre croissant de personnes font maintenant campagne pour légaliser et rendre socialement acceptables des modes de vie spirituellement dangereux. Parmi eux il y a l'avortement, le mouvement homosexuel et la drogue. On en discute lors de colloques et de séminaires, dans les cours, les conversations, les congrès et les tribunaux du monde entier. On en trouve tous les jours, dans la presse, les aspects sociaux et politiques. **Moral et spirituel** Ce que je veux affirmer c'est simplement ceci : il y a, à ces questions, un côté MORAL et SPIRITUEL qui est universellement ignoré. Pour les saints des derniers jours, la morale est une composante qui ne doit pas être absente lorsque l'on examine ces questions, sous peine de mettre en danger les ordonnances ! Si vous gardez vos alliances, vous serez en sécurité. Si vous les enfreignez, vous serez en danger. Les commandements qui se trouvent dans les Écritures, aussi bien les instructions positives que les interdits, constituent la _lettre_ de la loi. II y a aussi _l'esprit_ de la loi. Nous sommes responsables des deux. Certains nous mettent au défi de montrer où les Écritures interdisent formellement l'avortement ou un mode de vie centré sur l'homosexualité ou la drogue. « Si c'est si mal », demandent-ils, « pourquoi les Écritures ne nous le disent-elles pas avec la clarté de la _lettre de la loi_ ? » Ces questions ne sont pas ignorées dans les révélations[[1]](#_ftn1). Les Écritures sont généralement positives plutôt que négatives dans leurs themes, et c'est une erreur que de croire que tout ce qui n'est pas formellement interdit dans la _lettre de la_ _lo_i est en quelque sorte approuve par le Seigneur. Tout ce que le Seigneur approuve n'est pas détaillé dans les Écritures, pas plus que tout ce qui est interdit. La parole de sagesse, par exemple, ne met pas formellement en garde contre l'absorption d'arsenic. Nous n'avons assurément pas besoin de révélation pour nous dire cela ! Le Seigneur a dit : « Il n'est pas convenable que je commande en toutes choses, car celui qu'il faut contraindre en toutes choses est un serviteur paresseux et sans sagesse » (D&A 58:26). Les prophètes nous ont dit dans le Livre de Mormon que « les hommes sont suffisamment instruits pour discerner le bien du mal » (2 Néphi 2:5; voir Hélaman 14:31). La vie est destinée a être une épreuve pour voir si nous garderons les commandements de Dieu (voir 2 Néphi 2:5). Nous sommes libres d'obéir à l'esprit et à la lettre de la loi ou de les ignorer. Toutefois le libre arbitre accordé à l'homme est un libre arbitre _moral_ (voir D&A 101:78). Nous ne sommes pas libres d'enfreindre nos alliances tout en échappant aux conséquences. Les lois de Dieu sont là pour nous rendre heureux. Le bonheur ne peut coexister avec l'immoralité : le prophète Alma nous a dit avec une profonde simplicité que « l'iniquité n'a jamais été le bonheur » (Alma 41:10). **Le droit de choisir** Chaque fois que l'on discute de ces modes de vie destructeurs, on invoque « _le droit de choisir_ », comme si c'était la vertu souveraine. Cela ne pourrait être vrai que si nous étions tout seuls. Les droits de chacun vont se heurter à ceux d'un autre. Et la vérité, c'est que nous ne pouvons ni être heureux, ni sauvés, ni exaltés les uns sans les autres. **La tolérance** Le mot _tolérance_ est également invoque comme s'il l'emportait sur tout le reste. La tolérance peut être une vertu, mais ce n'est pas _la vertu_ maîtresse. II y a une différence entre ce que l'on _est_ et ce que l'on _fait_. Ce que l'on est peut mériter une tolérance illimitée ; ce que l'on fait, seulement une quantité limitée. Quand on pousse une vertu à l'extrême, elle peut se transformer en vice. La consécration déraisonnable à un idéal, s'il n'est pas tenu compte de son application pratique, gâche l'Ideal lui-même. **L'avortement** II n'est pas d'autre sujet où le droit au choix personnel soit défendu avec plus de vigueur que dans le cas de l'avortement. Quand on a choisi d'agir, et que la conception s'est produite, on ne peut pas annuler le choix. Mais il reste encore des choix à faire, et il y en a toujours un qui est meilleur que les autres. Parfois c'est l'alliance du mariage qui a été enfreinte ; le plus souvent il n'y a pas eu d'alliance. Que ce soit dans le mariage ou en dehors du mariage, I'avortement n'est pas une question de choix personnel. II y a au moins trois vies qui sont impliquées. Les Écritures nous disent : « Tu ne . . . tueras (pas), ni ne feras rien de semblable » (D&A 59:6). Sauf lorsqu'il s'agit du crime de I'inceste ou du viol, ou lorsque des autorités médicales compétentes certifient que la vie de la mère est en danger ou que le fœtus souffre d'affections graves qui l'empêcheront de survivre à la naissance, I'avortement est clairement un interdit. Même dans ces cas tout à fait exceptionnels, il convient de prier avec beaucoup de ferveur pour faire le bon choix. Nous nous trouvons devant des choix aussi graves parce que nous sommes les enfants de Dieu. **L'homme n'est pas un simple animal** Nous nous rendons bien peu compte de ce que nous nous sommes attiré lorsque nous avons permis que l'on enseigne à nos enfants que l'homme n'est qu'un animal évolué. Nous avons multiplié l'erreur en négligeant d'enseigner les valeurs morales et spirituelles. Les lois morales ne s'appliquent pas aux animaux parce qu'ils n'ont pas de libre arbitre. Lorsqu'il y a libre arbitre, lorsqu'il y a choix, les lois morales doivent être d'application. Nous ne pouvons en aucune façon avoir l'un et l'autre. Lorsque l'on enseigne à nos jeunes qu'ils ne sont que des animaux, ils se sentent libres et même obligés de donner suite à tous les instincts et a toutes les impulsions. Nous ne devons pas être tellement étonnés de ce qui arrive à la société. Nous avons semé le vent et maintenant nous récoltons la tempête. Toutes nos combines se retournent maintenant contre nous. **Les droits des homosexuels** II y a maintenant plusieurs publications qui circulent dans l'Église, qui défendent la conduite homosexuelle et l'encouragent. Elles tordent les Écritures pour essayer de prouver que ces impulsions sont innées, qu'elles ne peuvent être surmontées et qu'il ne faut pas y résister ; et par conséquent que cette conduite a sa propre morale. Elles citent des Écritures pour justifier des actes pervers entre adultes consentants. Cette même logique tente de justifier I'inceste ou les sévices contre les petits enfants des deux sexes. Ni la lettre, ni l'esprit de la loi morale ne tolèrent pareille conduite. J'espère qu'aucun de vous, les jeunes, ne sera insensé au point d'accepter ces sources comme autorité sur ce que les Écritures veulent dire. Paul, parlant de ce sujet même, a condamné ceux « qui ont remplacé la vérité de Dieu par le mensonge et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur » (Romains 1:25). Certains décident de rejeter d'emblée les Écritures et de renier leurs alliances. Mais ils ne peuvent décider d'en éviter les conséquences. Cette décision-là ne leur appartient pas, ni à nous, ni à personne. Nous sommes tous sujets à des sentiments et à des impulsions. II y en a qui sont dignes et d'autres qui ne le sont pas ; il y en a qui sont naturels et d'autres qui ne le sont pas. Nous devons les dominer, ce qui veut dire que nous devons les orienter dans le sens de la morale. L'union légitime des sexes est une loi de Dieu. Les alliances sacrées que contractent mari et femme avec Dieu protègent l'expression digne de ces sentiments et de ces impulsions qui sont essentielles à la propagation de l'espèce et au bonheur familial. Toute conduite illicite ou perverse cause sans exception la déception, la souffrance et la tragédie. **Les dirigeants locaux de la prêtrise** Nous recevons des lettres de personnes appelant au secours, demandant pourquoi certains sont tourmentés par des désirs qui conduisent à I'esclavage ou à la perversion. Elles recherchent désespérément I'explication logique des raisons pour lesquelles elles ont une attirance irrésistible, voire une prédisposition pour des choses qui sont destructrices et interdites. Pourquoi, demandent-elles, cela m'arrive-t-il ? Ce n'est pas juste ! Elles pensent qu'il n'est pas juste que d'autres ne soient pas affligés des mêmes tentations. Elles écrivent que leur évêque n'a pas pu leur dire le « pourquoi » et qu'il n'a pas pu mettre fin à leur esclavage ni effacer la tendance. On nous dit parfois que les dirigeants de l'Église ne comprennent pas vraiment ces problèmes. Peut-être est-ce vrai. II y a beaucoup de « pourquoi » auxquels nous n'avons pas de réponse simple. Par contre, nous comprenons chacun ce qu'est la tentation, et ce, par expérience personnelle. Nul n'est à l'abri de tentations d'une sorte ou d'une autre. C'est l'épreuve de la vie. Cela fait partie de notre épreuve mortelle. II y a toujours une tentation ou l'autre là où nous sommes. Ce que nous savons, c'est où ces tentations vont nous mener. Nous avons vu le déroulement de ces modes de vie dans beaucoup d'existences. Nous avons vu la fin de la route que vous êtes tentés de suivre. II y a peu de chances qu'un évêque puisse vous dire ce qui cause cette situation ou pourquoi vous êtes affligés, ni non plus effacer la tentation. En revanche, il peut vous dire ce qui est bien et ce qui est mal. Si vous savez distinguer le bien du mal, vous savez par où commencer. C'est à cet endroit-là que le choix de chacun commence à agir. C'est à cet endroit-là que le repentir et le pardon peuvent exercer une grande force spirituelle. Je pense que la plupart des gens qui sont amenés à une vie d'asservissement à la drogue ou à la perversion ou se soumettent à l'avortement ne se rendent pas véritablement compte à quel point cela est moralement et spirituellement dangereux. **Tentateur** La pire de toutes les situations dans lesquelles nous puissions nous mettre c'est de devenir un tentateur et d'amener quelqu'un d'innocent à adopter un mode de vie destructeur. Le tentateur en incite d'autres à « affirmer leur nature », à enfreindre les alliances qu'ils ont faites avec Dieu. II promet l'émancipation et l'épanouissement, sans dire que pareille conduite risque d'être spirituellement fatale. Le tentateur prétend que ces impulsions ne peuvent être changées et qu'il ne faut pas y résister. Pouvez-vous imaginer quelque chose que l'adversaire préfèrerait nous voir croire ? Le Seigneur nous a avertis : « Si quelqu'un était une occasion de chute, pour l'un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui mette autour du cou une meule de moulin, et qu'on le jette dans la mer» (Marc 9:42). **Groupes de soutien** II y a toutes sortes de groupes de soutien qui cherchent à fortifier ceux qui s'efforcent de se débarrasser de la drogue ou de maitriser d'autres tentations. II y a également des organisations qui font exactement l'inverse. Elles justifient la conduite immorale et resserrent de plus en plus les chaines de l'asservissement à la drogue ou de la perversion. Ne devenez pas membres d'une organisation de ce genre. Si vous l'êtes déjà, retirez-vous-en. **Un esprit de compassion et d'amour** Dans un esprit de compassion et d'amour, je m'adresse à vous, qui luttez contre des tentations pour lesquelles il n'y a pas d'expression morale. Certains ont résisté aux tentations mais semblent ne jamais s'en libérer. Ne cédez pas ! Acquerez la force spirituelle de résister, toute votre vie si c'est nécessaire. Certains sont torturés par la pensée des alliances déjà enfreintes, d'autres pensent au suicide. Le suicide n'est pas du tout une solution. N'y pensez même pas. Le fait même que vous soyez à ce point perturbés montre que vous êtes une âme spirituellement sensible pour laquelle il y a une grande espérance. Vous vous demanderez peut-être pourquoi Dieu ne parait pas entendre vos supplications et n'efface pas ces tentations. Lorsque vous connaitrez le plan de l'Évangile, vous comprendrez que les conditions de notre épreuve mortelle exigent que le choix nous soit laissé. Cette épreuve est le but de la vie. Même si ces asservissements ont fait disparaitre un certain temps votre sens de la morale ou éteint l'esprit qui est en vous, il n'est jamais trop tard. Vous ne serez peut-être pas capables, par un simple choix, de vous libérer directement de sentiments indignes. Vous _pouvez_ décider de renoncer à leur expression immorale. La souffrance que vous éprouvez parce que vous résistez ou que vous rejetez l'asservissement ou la perversion n'est rien en comparaison de ce que souffriront vos parents, votre conjoint ou vos enfants, si vous vous abandonnez. Eux souffrent innocemment parce qu'ils vous aiment. Continuer à résister ou abandonner un tel mode de vie est un acte d'abnégation authentique, un sacrifice que l'on dépose sur l'autel de l'obéissance. II vous apportera d'immenses récompenses spirituelles. Vous souvenez-vous du libre arbitre, de la liberté de choix que vous avez revendiquée quand vous avez délaissé vos alliances ? Vous pouvez maintenant utiliser ce libre arbitre pour qu'il exerce un grand pouvoir spirituel de rédemption. L'amour que nous proposons est sans doute un amour dur, mais c'est l'amour le plus pur ; et nous avons plus à offrir que notre amour. Nous pouvons vous enseigner la puissance purificatrice du repentir. Si vous avez enfreint des alliances, aussi dur que cela soit, elles peuvent vous être rendues et vous pouvez recevoir le pardon. Même pour l'avortement ? Oui, même pour cela ! « Venez donc et plaidons, dit l'Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont rouges comme l'écarlate, ils deviendront comme de la laine » (Ésaïe 1:18). Que Dieu vous bénisse, vous qui vous efforcez de résister ou de vous libérer de ces tentations terribles qui balaient maintenant le monde et dont nous ne sommes pas exempts dans l'Église. Benis soient ceux qui vous aiment et vous soutiennent. II y a une grande force purificatrice dans la prêtrise. II y a une grande force purificatrice dans l'Église. C'est un Évangile de repentir. II est notre rédempteur. Je témoigne de lui, de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Fils unique du Père, qui s'est sacrifié pour que nous soyons purs. Et je témoigne de lui au nom de Jesus-Christ. Amen. --- [[1]](#_ftnref1) Voir Genèse 13:13; 18:20-29; 19:4-9; Lévitique 18:22, 29; 20:13; Deutéronome 23:17; Romains 1:24-27; 1 Corinthiens 6:9; 1 Timothée 1:9-10.