# Pourquoi le Seigneur a voulu la prière
Sur le mur ouest de la salle du Conseil des Douze dans le temple de Sait Lake City, il y a un tableau du Seigneur Jésus priant son Père à Gethsémané.
Le Seigneur, dans une [[agonie]] indicible, y supplia son Père pour qu’il lui donnât la force d’accomplir l’expiation infinie et éternelle. Il souffrit physiquement et spirituellement à un point que l’homme ne peut [[comprendre]]. Ses souffrances faisaient paraître insignifiante la torture proche de la crucifixion.
De toutes les prières jamais prononcées dans le temps ou l’éternité — par des dieux, les [[anges]] ou les mortels — celle-ci se situe à l’état suprême, au-dessus et à part, prééminente par rapport à toutes les autres.
Dans ce jardin appelé Gethsémané, en dehors des murailles de Jérusalem, le plus grand [[homme]] de la race d’Adam, celui dont toutes les pensées et toutes les paroles étaient parfaites, supplia son Père afin de sortir triomphateur de l’épreuve la plus douloureuse jamais imposée à un homme ou à un [[Dieu]].
C’est là, au milieu des oliviers — dans l’esprit d’adoration pure et de prière parfaite — que le Fils de Marie se débattit sous le fardeau le plus écrasant jamais porté par un mortel.
C’est là que dans le silence de la nuit judéenne, tandis que Pierre, Jacques et Jean dormaient, le propre Fils de Dieu — avec une prière sur les lèvres — prit sur lui les péchés de tous les hommes à condition qu’ils se repentent.
C’est là que le grand Elohim posa sur son serviteur torturé le poids de tous les péchés de tous les hommes de tous les siècles qui croient au Christ et cherchent son visage. Et le Fils, qui portait l’image du Père, supplia son divin Créateur de lui donner le pouvoir d’accomplir le but principal pour lequel il était venu sur la terre.
C’était l’heure où toute l’éternité était dans la balance. Si grande était la souffrance créée par les péchés des hommes — posée sur lui qui ne connaissait pas le péché — que de grosses gouttes de sang lui jaillirent de tous les pores et lui firent souhaiter « ne pas devoir [[boire]] à la coupe amère » (D&A 19:18). Depuis l’aube de [[la création]] jusqu’à cette heure suprême, et depuis cette nuit d’expiation jusqu’à tous les âges sans fin de l’éternité, il n’y avait jamais eu et il n’y aurait plus jamais une lutte aussi grande que celle-ci.
« Le Seigneur omnipotent qui règne, qui était et qui est de toute éternité à toute éternité », était descendu « du ciel parmi les [[enfants]] des hommes » (Mosiah 3:5). Il était le Créateur, le Soutien et le Conservateur de toutes choses depuis le [[commencement]]. Il avait fait de l’argile son tabernacle. Il était la seule personne née au monde qui eût Dieu pour Père ; il était le Fils de Dieu lui-même. D’une manière incompréhensible pour l’homme, il réalisa à ce moment-là l’expiation infinie et éternelle par laquelle tous les hommes ressuscitent pour l’immortalité, tandis que ceux qui croient et obéissent se lèvent aussi pour un héritage de [[vie éternelle]]. Dieu, le Rédempteur, rachetait les hommes de la [[mort]] temporelle et spirituelle provoquée par la chute d’Adam.
Et ce fut à cette heure que lui, qui faisait alors le sacrifice de son propre sang, fit la prière personnelle la plus fervente et la plus poignante jamais prononcée par un [[homme]]. Dieu le Fils pria Dieu le Père pour que la volonté de l’un fût engloutie dans celle de l’autre. Il souhaitait [[accomplir]] la promesse qu’il avait faite quand il avait été choisi pour être le Rédempteur, quand il avait dit : « Père, que ta volonté soit faite, et que la gloire t’appartienne à jamais » (Moïse 4:2).
Il est vrai qu’en tant que Fils obéissant dont le seul désir était de faire la volonté du Père qui l’avait envoyé, notre Seigneur pria toujours pendant sa vie mortelle. Jésus avait hérité de Dieu, son Père, de plus grands pouvoirs d’intelligence et de pénétration spirituelle que personne d’autre. Mais malgré ces pouvoirs et ces dons supérieurs, il éprouvait le besoin de prier. Il serait peut-être mieux de dire que c’était à cause de ses pouvoirs et de ses dons supérieurs qu’il priait. Car en vérité plus une personne est spirituellement parfaite et intellectuellement douée, plus elle reconnaît le besoin de prier. Elle reconnaît sa place dans le plan infini des choses et, en connaissant sa place, elle sait aussi qu’elle a besoin d’être guidée par un Dieu infini. Ainsi Jésus, plus que tout autre homme, ressentait le besoin de communier constamment avec son Père, source de toute puissance, de toute intelligence et de toute bonté.
Pendant son ministère le Christ choisit ses douze [[apôtres]]. Ces hommes devaient être des témoins spéciaux qui témoigneraient de lui et de sa loi « jusqu’aux extrémités de la terre » (D&A 109:23) et qui siégeraient avec lui sur douze trônes pour juger toute la maison d’Israël. Comment les choisit-il ? La [[Bible]] dit : « Il se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. » Ayant ainsi pris connaissance de la volonté de Celui dont il était le Fils, « quand le jour parut . . . il en choisit douze, auxquels il donna le nom d’apôtres » (Luc 6:12-13).
Quand l’heure de son arrestation et de sa passion fut proche, il restait encore une grande vérité à bien faire [[comprendre]] aux Douze : que s’ils voulaient réussir dans la tâche qui leur était confiée et mériter la récompense éternelle auprès de son Père et de lui, ils devaient être un comme le Père et lui étaient un. En cette heure capitale il enseigna cette vérité dans le cadre de sa grande prière sacerdotale. On en trouve des fragments dans Jean 17.
Après sa [[résurrection]] il continua à prier le Père ! Souvenez-vous que ceci se passe après sa résurrection. Ensuite, quand il fut glorifié et rendu parfait, il chercha à donner aux Néphites l’expérience spirituelle la plus transcendante qu’ils étaient capables de supporter. Il le fit non dans un sermon, mais dans une prière. « Et les prières qu’il fit ne peuvent être écrites », dit le livre, mais ceux qui entendirent rendirent ce témoignage :
« L’œil n’a jamais vu et l’oreille n’a jamais entendu de choses aussi grandes et aussi merveilleuses que celles que nous vîmes et entendîmes Jésus adresser au Père ; et personne ne saurait concevoir la joie qui nous remplit l’âme au moment où nous l’entendîmes prier le Père pour nous » (3 Néphi 17:15-17).
Mais à Gethsémané, et c’est un exemple pour tous les hommes qui souffrent, qui sont abattus ou dans l’angoisse, il déversa son [[âme]] à son Père. Les demandes qu’il fit, les doctrines qu’il formula, les paroles de gloire et d’adoration qu’il prononça, nous ne les connaissons pas. Peut- être que de même que sa prière parmi les Néphites, ses paroles à Gethsémané ne pouvaient être écrites, et ne pouvaient être comprises que par le pouvoir de l’Esprit. Ce que nous savons, c’est qu’en trois occasions distinctes dans sa prière, il dit en substance : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26:39).
Ici, à Gethsémané, quand il dit à son Père : « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne », la Bible ajoute : « Un [[ange]] lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en [[agonie]], il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » (Luc 22:42-44).
C’est là quelque chose de merveilleux. Remarquez-le bien. Le Fils de [[Dieu]] « priait plus instamment » ! Lui qui faisait tout bien, dont chaque parole était juste, qui savait même exactement où mettre l’accent, lui à qui le Père donnait son Esprit sans mesure, lui qui était le seul Être parfait qui eût jamais parcouru les sentiers poussiéreux de la planète terre, le Fils de Dieu « priait plus instamment ». Il nous a enseigné à nous, ses [[frères]], que toutes les prières, les siennes y comprises, ne se ressemblent pas. Il nous a enseigné qu’un besoin plus grand réclame des supplications plus ferventes et plus empreintes de foi devant Dieu.
Nous devons chercher à apprendre à vivre la loi de la prière de manière à pouvoir, comme lui, aller là où ils sont, son Père et lui. Nous souvenant donc de ce but, résumons ce qu’implique vraiment la merveilleuse bénédiction de la prière. Apprenons à la faire hardiment et efficacement. Ne prions pas en paroles seulement, mais en esprit et avec pouvoir, de manière à pouvoir faire descendre sur nous, comme le Christ fit descendre sur lui, les puissances mêmes du ciel. Les dix points qui suivent nous aideront peut-être à cristalliser nos pensées et nous guideront dans le perfectionnement de nos prières personnelles.
### 1. Ce qu’est la prière
Nous avons jadis demeuré avec notre Père. Nous avons vu son visage et avons connu sa volonté. Nous lui avons parlé, avons entendu sa voix et reçu ses directives. Telle était notre situation en tant qu’enfants d’esprit dans la vie prémortelle. Nous avons alors marché par la vue (2 Corinthiens 5:7).
Maintenant nous sommes très éloignés de la présence divine ; nous ne voyons plus son visage et n’entendons plus sa voix comme alors. Nous marchons maintenant par la foi. Mais nous avons autant besoin ou plus encore de ses directives que quand nous fréquentions tous les [[anges]] du ciel avant [[la création]] du monde. Dans sa sagesse infinie, connaissant nos besoins, un Père généreux a donné la prière comme moyen de communication avec lui. Et comme je l’ai écrit ailleurs:
« Prier, c’est parler avec Dieu, soit à voix haute, soit en formulant dans l’esprit les pensées de la prière. La prière peut contenir des paroles de louanges, d’actions de [[grâce]] et d’adoration. Elles sont les occasions solennelles au cours desquelles les [[enfants]] de Dieu demandent à leur Père éternel les choses temporelles et spirituelles qu’ils estiment nécessaires pour les soutenir dans les expériences de cette épreuve mortelle. Les prières sont des occasions de se confesser, des occasions où, dans l’humilité, ayant le cœur brisé et l’esprit contrit, les saints confessent leurs péchés à la Divinité et l’implorent de (leur) accorder son pardon purificateur. » (Mormon Doctrine, deuxième édition, p. 581.)
### 2. Pourquoi nous prions
Nous avons trois raisons fondamentales de prier :
a. Il nous est commandé de le faire. La prière n’est pas quelque chose d’une importance relative que nous pouvons décider de faire si l’envie nous en prend. C’est au contraire un décret éternel de Dieu. « Tu te repentiras, et invoqueras dorénavant Dieu au nom du Fils », dit-il dans la première dispensation. « [[Adam]] et Eve, sa femme, ne cessèrent point d’invoquer Dieu » (Moïse 5:8, 16). Il nous est commandé de nos jours : «Demandez et vous recevrez ; frappez et l’on vous ouvrira » (D&A 4:7). Les instructeurs dans l’Église sont chargés « de visiter la maison de chaque membre et de l’exhorter à prier à haute voix et en secret » (D&A 20:47). Et parlant en guise de « commandement » à son peuple des [[derniers jours]], le Seigneur dit : « Celui qui n’observe pas ses prières devant le Seigneur, en leur saison, qu’il soit tenu en mémoire devant le juge de mon peuple » (D&A 68:33).
b. Une prière correcte est suivie de [[bénédictions]] temporelles et spirituelles. Comme le montrent toutes les révélations, les portes du ciel s’ouvrent toutes grandes devant ceux qui prient avec foi ; le Seigneur fait pleuvoir la justice sur eux ; ils sont préservés dans les moments de danger, la terre leur donne ses fruits et les joies de l’Évangile sont dans leur cœur.
c. La prière est essentielle au salut. Aucune personne responsable n’a jamais obtenu ni n’obtiendra jamais le repos céleste sans avoir appris à communiquer avec le Maître du royaume. Et « comment un [[homme]] connaît-il le maître qu’il n’a pas servi, qui lui est étranger, qui est loin de ses pensées et des désirs de son cœur ? » (Mosiah 5:13).
### 3. Priez le Père
Il nous est commandé de prier le Père (Elohim) au nom du Fils (Jéhovah). Les révélations sont parfaitement claires à ce sujet. « Vous devez sans cesse prier le Père en mon nom », dit le Seigneur Jésus aux Néphites (3 Néphi 18:19). Et cependant il y a une quantité incroyable de fausses doctrines et de fausses pratiques dans les Églises du christianisme, et de temps en temps même parmi les vrais saints.
Il y en a qui prient de soi-disant saints et les supplient d’intercéder auprès du Christ en leur faveur. Les livres de prières officiels des diverses sectes contiennent des prières adressées au Père, d’autres au Fils, d’autres au Saint-Esprit et c’est exceptionnellement plutôt que de règle dans certaines Églises que l’on prie au nom du Christ. Il y en a qui ont le sentiment d’établir des rapports spéciaux avec notre Seigneur en adressant directement leurs prières à lui.
Il est vrai que quand nous prions le Père, la réponse vient du Fils parce que « il y a ... un seul médiateur entre [[Dieu]] et les hommes, [[Jésus-Christ]] homme » (1 Timothée 2:5). Joseph Smith, par exemple, demanda au Père, au nom du Fils, les réponses à ses questions, et la voix qui répondit n’était pas celle du Père mais du Fils, parce que le Christ est notre [[Avocat]], notre intercesseur, le Dieu (sous la direction du Père) qui gouverne et règle cette terre.
Il est vrai que parfois dans ses réponses le Christ prend sur lui la prérogative de parler, par l’autorité que le Père lui a donnée, comme s’il était le Père. C’est-à-dire qu’il parle à la première personne et utilise le nom du Père, parce que le Père a mis son propre nom sur le Fils. On trouvera une réponse complète de ceci dans la déclaration officielle : « Le Père et le Fils : un exposé de doctrine par la Première Présidence et les Douze », qui débute à la page 60 des [[Articles de Foi]] de James E. Talmage.
Il est vrai également que nous pouvons, tous les prophètes et nous, chanter à bon droit les louanges du Seigneur Jéhovah (le Christ). Nous pouvons à juste titre chanter en son saint nom comme dans le cri « [[Alléluia]] » qui signifie louez Jah ou louez Jéhovah. Mais ce que nous devons bien [[comprendre]], c’est que nous prions toujours le Père et non le Fils et que nous prions toujours au nom du Fils.
### 4. Demandez les [[bénédictions]] temporelles et spirituelles
Nous avons le droit et le devoir de prier pour tout ce dont nous avons besoin, qu’il est convenable que nous ayons, que ce soit temporel ou spirituel. Nous n’avons pas le droit de demander sans limites : nos demandes doivent être basées sur la justice. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4:3).
Quand il cite les choses que nous devons demander dans nos prières, [[Amulek]] parle de récoltes et de gros bétail, de champs et de petit bétail, aussi bien que de miséricorde et de salut (voir Aima 34:17-29). Le Notre Père parle de « notre pain quotidien » (voir Matt. 6:11), et Jacques nous exhorte à demander la sagesse (voir Jacques 1:5), ce qui veut dire en principe que nous devons rechercher toutes les qualités de la Divinité. Notre révélation dit : « Il vous est commandé de demander, en toutes choses, à Dieu » (D&A 46:7). Néphi dit : « de ne rien faire dans le Seigneur sans commencer, avant toutes choses, par prier le Père au nom du Christ, qu’il consacre votre œuvre à vous-mêmes, pour que votre œuvre puisse être pour le bien-être de votre [[âme]] » (2 Néphi 32:9). Et le Seigneur promet à tous les fidèles : « Si tu le demandes, tu recevras révélation sur révélation, connaissance sur connaissance, afin que tu connaisses les mystères et les choses paisibles — ce qui apporte la joie, ce qui apporte la [[vie éternelle]]» (D&A 42:61).
Il est clair que nous devons prier pour tout ce que nous devrions avoir en sagesse et en justice. Nous devons certainement rechercher le témoignage, les révélations, tous les dons de l’Esprit, y compris l’accomplissement de la promesse de Doctrine et [[Alliances]] 93:1, qui est de voir la face du Seigneur. Mais par-dessus toutes nos autres demandes, nous devons supplier pour avoir la compagnie du Saint-Esprit dans cette vie et la vie éternelle dans le monde à venir. Quand les douze Néphites « demandèrent ce qu’ils désiraient le plus ardemment », le [[Livre de Mormon]] nous rapporte : « Ils désiraient que le Saint-Esprit leur fût donné » (3 Néphi 19:9). Le plus grand don qu’un [[homme]] puisse recevoir dans cette vie est le don du Saint-Esprit, tout comme le plus grand don qu’il puisse obtenir dans l’éternité est la vie éternelle.
### 5. Priez pour les autres
Nos prières ne sont ni égoïstes ni égocentriques. Nous recherchons le bien-être spirituel de tous les hommes. Certaines de nos prières sont pour le profit de tous les [[enfants]] de notre Père. « Je ne prie pas pour le monde », dit Jésus dans sa grande prière sacerdotale, « mais pour ceux que tu m’as donnés » (Jean 17:9). Mais il commanda aussi : « aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5:44).
Et ainsi, tout comme le Christ « est le Sauveur de tous les hommes, principalement des [[croyants]] » (1 Timothée 4:10), de même nous prions pour tous les hommes, mais particulièrement pour nous-mêmes, notre famille, les saints en général et ceux qui cherchent à croire et à connaître la vérité. Nous nous soucions spécialement des malades qui appartiennent à la maison de la foi (D&A 121:45), et ceux qui étudient l’Évangile rétabli. « Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris », dit Jacques aux membres de l’Église, car « la prière fervente du juste a une grande efficace » (Jacques 5:16). Et pour ce qui est de ceux qui assistent à nos réunions et cherchent à connaître la vérité, le Seigneur Jésus dit : « Vous prierez le Père pour eux en mon nom », dans l’espoir qu’ils se repentiront et seront baptisés (3 Néphi 18:23; voir aussi verset 30).
### 6. Quand et où prier
« Priez toujours » (voir 2 Néphi 32:9). C’est ce qui est écrit, ce qui veut dire : priez régulièrement d’une manière suivie tous les jours et vivez aussi en ayant toujours l’esprit de la prière dans votre cœur pour que vos pensées, vos paroles et vos actes soient toujours de nature à plaire à celui qui est éternel. [[Amulek]] parle de prier « le matin, à midi, le soir » et dit que nous devons déverser notre [[âme]] au Seigneur dans nos chambres, nos lieux secrets et le désert (voir Alma 34:17-29). Jésus commanda à la fois la prière personnelle et la prière en famille : « Vous devez veiller et prier sans cesse », dit-il ; et aussi : « Priez le Père dans vos familles, toujours en mon nom, afin que vos femmes et vos enfants soient bénis » (3 Néphi 18:15, 21).
La pratique de l’Église de nos jours est de faire la prière en famille deux fois par jour, plus nos prières personnelles quotidiennes, plus une bénédiction sur notre nourriture aux repas (sauf dans les circonstances publiques ou autres où il serait ostentatoire ou inapproprié de le faire), plus des prières appropriées dans nos réunions.
### 7. Comment prier
Priez toujours le Père ; remerciez pour vos [[bénédictions]], demandez-lui ce dont vous avez réellement besoin et qui est approprié, faites-le au nom de [[Jésus-Christ]].
Quand les circonstances l’exigent et le permettent, confessez vos péchés, consultez le Seigneur sur vos problèmes personnels, louez-le pour sa bonté et sa [[grâce]] et exprimez le culte et la doctrine qui vous mettront en unisson avec lui.
Les directives trop souvent oubliées, insuffisamment observées et extrêmement nécessaires pour faire une prière valable sont:
a. _Prier avec ferveur_. Les simples mots ne suffisent pas. Les vaines répétitions ne suffisent pas. L’excellence littéraire n’a guère de valeur. En fait la véritable éloquence de la prière n’est pas l’excellence dans le langage (même si celui-ci doit être recherché), mais dans le sentiment qui accompagne les paroles, quelque mal qu’elles soient choisies ou formulées. Mormon a dit : « Priez le Père avec toute l’énergie du cœur » (Moroni 7:48). En outre « cela est imputé à mal à un [[homme]], s’il prie sans une intention réelle du cœur ; oui, et cela ne lui profite en rien, car [[Dieu]] ne reçoit aucun de ceux-là » (Moroni 7:9).
b. _Priez par le pouvoir du Saint-Esprit_. C’est là la réalisation suprême et ultime dans la prière. La promesse dit : « L’Esprit vous sera donné par la prière de la foi » (D&A 42:14), « et si vous êtes purifiés et lavés de tout péché, vous demanderez ce que vous voudrez au nom de Jésus et cela se fera » (D&A 50:29). À propos de l’avènement de l’ère millénaire, lorsque les prières seront rendues parfaites, l’Écriture dit : « Ce jour-là, tout ce que l’homme demandera lui sera donné » (D&A 101:27).
### 8. Utilisez à la fois le [[libre arbitre]] et la prière
Le Seigneur n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais l’intention — autant que nous l’invoquions par la prière — de répondre à tous nos problèmes et à tous nos soucis sans qu’il n’y ait de lutte et d’effort de notre part. L’état mortel dans lequel nous sommes est un état préparatoire. Nous y avons notre libre arbitre. Nous sommes actuellement mis à l’épreuve pour voir comment nous allons réagir dans des situations diverses ; comment nous allons décider des problèmes que nous avons, quelle voie nous allons suivre pendant que nous sommes ici, marchant non par la vue, mais par la foi. Nous devons donc résoudre nos propres problèmes et ensuite consulter le Seigneur dans la prière et recevoir la confirmation spirituelle de ce que nos décisions sont correctes.
Comme il l’a exposé dans sa traduction du [[Livre de Mormon]], Joseph Smith ne s’est pas borné à demander au Seigneur ce que signifiaient les caractères qui se trouvaient sur les plaques ; il lui a au contraire été demandé d’étudier le sujet dans son esprit, de prendre lui-même sa décision et ensuite de demander au Seigneur si ses conclusions étaient correctes (voir D&A 8 et 9). Il en va de même pour nous dans tout ce que nous sommes invités à faire. La prière et les œuvres vont de pair. Si nous faisons tout ce que nous pouvons, nous avons le pouvoir, en consultant le Seigneur par une prière fervente et efficace, de trouver les conclusions correctes.
### 9. Suivez les formalités de la prière
Bien que nombreuses, elles sont simples et faciles et contribuent à l’esprit de culte qui accompagne une prière sincère et efficace. Notre Père est glorifié et exalté, c’est un Être omnipotent. Nous sommes par comparaison comme la poussière de la terre et cependant nous sommes des [[enfants]]qui avons accès à lui par la prière. Tout acte d’obéissance qui nous met dans l’état d’esprit approprié quand nous prions est pour un bien.
Nous cherchons dans nos prières à être guidés par le Saint-Esprit. Nous méditons dans notre cœur la nature solennelle de l’éternité. Nous prions la Divinité dans l’esprit de crainte, de révérence et de culte. Nous parlons d’un ton contenu et solennel. Nous écoutons pour entendre sa réponse. Dans la prière nous sommes sous notre meilleur jour. Nous sommes en la présence de [[Dieu]]. C’est pourquoi nous faisons presque par instinct des choses telles qu’incliner la tête et fermer les yeux, croiser les bras ou nous agenouiller ou nous prosterner. Nous utilisons le langage sacré de la prière et nous disons [[amen]] quand quelqu’un dirige un groupe dans la prière, faisant ainsi nôtres ses paroles, faisant nôtres ses prières.
### 10. Vivez comme vous priez
Il y a un vieux proverbe qui dit : « Si vous ne pouvez pas prier au sujet de ce que vous faites, ne le faites pas », qui vise à lier les uns aux autres nos prières et nos actes. Et il est vrai que nos actes sont dans une grande mesure le résultat de nos prières. Ayant prié, nous agissons ; nos demandes, si elles sont correctes, ont pour effet de tracer pour nous le chemin d’une conduite juste. Le garçon qui prie (avec ferveur, avec piété et dans la foi) pour pouvoir aller en mission se préparera pour sa mission et recevra effectivement son appel à servir. Les jeunes qui prient toujours dans la foi pour se marier au temple et ensuite agissent en conséquence, ne se contentent pas d’un [[mariage]] profane. La prière et les œuvres sont tellement entremêlées qu’après avoir exposé en détail la loi de la prière, [[Amulek]] conclut :
Lorsque vous avez fait tout cela, si vous renvoyez les indigents et ceux qui sont nus ; si vous ne visitez pas les malades et les affligés ; si vous ne donnez de vos biens, si vous en avez, à ceux qui sont dans le besoin — je vous le dis, si vous ne faites aucune de ces choses, voici, votre prière et vaine et ne vous sert de rien, et vous êtes comme les hypocrites qui nient la foi » (Alma 34:28).
Nous avons parlé brièvement et d’une manière incomplète de la prière et de quelques-uns des grands principes éternels qui l’accompagnent. Il ne reste maintenant plus qu’une chose à faire : témoigner que ces doctrines sont saines et que la prière est une réalité vivante qui mène à la [[vie éternelle]].
Pour l’esprit charnel, la prière peut être du charabia ; mais pour les saints de Dieu c’est le moyen de communiquer avec le Dieu invisible.
Pour les incrédules et les rebelles, cela peut sembler être un acte de piété insensée né d’une instabilité mentale ; mais pour ceux qui en ont goûté les fruits elle devient une ancre pour l’âme dans toutes les tempêtes de la vie.
La prière a été voulue par Dieu — non pas les vaines répétitions des païens, non pas la rhétorique des livres de prière, non pas les zézaiements d’hommes pleins de convoitise et sans sincérité, mais la prière qui découle de la connaissance, qui est nourrie par la foi au Christ, qui est faite dans la prière et la vérité. La prière ouvre la porte à la paix dans cette vie et à la vie éternelle dans le monde à venir. Elle est essentielle au salut. Si nous n’en faisons pas une partie vivante de nous-mêmes de manière à parler à notre Père et à entendre sa voix répondre par le pouvoir de son Esprit, nous sommes toujours dans nos péchés.
Je témoigne de tout ceci et je prie le Père, au nom du Fils, que tous les saints des [[derniers jours]] aussi bien que tous ceux qui sont dans le monde qui veulent s’unir à eux puissent — par la prière et en vivant en justice, ce qui est le résultat de la prière — obtenir la paix et la joie ici-bas et l’accomplissement éternel de tout ce qui est bon dans l’au-delà. Ainsi soit-il. Amen.