# Le Christ et la Création
**Par Bruce R. McConkie
_Du Collège des Douze_**
Le Seigneur attend de nous que nous croyions et comprenions la véritable doctrine de la Création — la création de la terre, de l’homme et de toute forme de vie. Comme nous le verrons en effet, il est essentiel de comprendre la doctrine de la création pour être sauvé. Tant que nous n’avons pas acquis une juste vision de la création de toutes choses, nous ne pouvons espérer obtenir la plénitude de la récompense éternelle qui peut être nôtre.
Dieu lui-même, notre Père à tous, a établi un plan de salut grâce auquel ses enfants d'esprits peuvent progresser et devenir semblables à lui. C’est l’Évangile de Dieu, le plan du Père éternel, le système qui sauve et exalte, et cela consiste en trois choses qui sont les piliers mêmes de l'éternité : la création, la chute et l'expiation.
Avant même de commencer à comprendre la création temporelle de toutes choses, nous devons savoir comment et de quelle manière ces trois vérités éternelles — la Création, la Chute et l’Expiation — sont inséparablement liées entre elles pour former un seul plan de salut. Aucune ne se tient à l'écart des deux autres ; chacune est liée aux deux autres et sans les connaître toutes, il n'est pas possible de connaître la vérité sur l’une d’entre elles.
Le salut est au Christ et il est rendu possible par son sacrifice expiatoire. L’expiation du Seigneur Jésus-Christ est au cœur de la religion révélée. Elle rachète l'homme de la mort temporelle et spirituelle qui a été amenée dans le monde par la chute d’Adam. Tous les hommes ressusciteront parce que notre bien-aimé Seigneur lui-même est mort et ressuscité, devenant ainsi les prémices de ceux qui dormaient.
Plus encore : le Christ est mort pour sauver les pécheurs. Il a pris sur lui les péchés de tous les hommes à condition qu'ils se repentent. La vie éternelle, le plus grand de tous les dons de Dieu, est accessible grâce à ce que le Christ a fait à Gethsémané et au Golgotha. Il est à la fois la résurrection et la vie. L’immortalité et la vie éternelle sont les résultats de l’expiation. Il n’existe aucune langue ou expression assez puissante pour que l’homme puisse décrire la gloire, le prodige et l’impact infini du pouvoir rédempteur du grand Rédempteur.
Mais rappelez-vous que l’expiation vint à cause de la chute. Le Christ a payé la rançon pour la transgression d’Adam. S’il n’y avait pas eu de chute, il n’y aurait pas eu d’expiation et conséquemment pas d'immortalité et de vie éternelle. Donc, tout comme le salut découle de l’expiation, il découle aussi de la chute.
La mortalité, la procréation et la mort ont toutes leurs sources dans la chute. Les épreuves et les expériences rattachées à l'épreuve mortelle ont commencé quand nos premiers parents ont été chassés du jardin d'Eden. « C'est parce qu'Adam tomba que nous sommes », a dit Énoch, « par sa chute, la mort est venue, et nous avons pour lot la misère et le malheur » (Moïse 6:48). L’une des plus profondes déclarations doctrinales jamais faites nous a été donnée par notre mère Ève. Elle a dit : « Si nous n'avions jamais transgressé, nous n’aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal, la joie de notre rédemption et la vie éternelle que Dieu donne à tous ceux qui obéissent » (Moïse 5:11).
Rappelez-vous également que la chute a été rendue possible parce qu’un Créateur infini a fait la terre, l’homme et toutes les formes de vie de façon à ce qu'ils puissent tomber. Cette chute impliquait un changement d'état. Toutes choses ont été ainsi créées pour qu'elles puissent tomber ou changer et ainsi produire le genre d’existence nécessaire à la mise en opération de tous les termes du plan éternel de salut du Père.
La première création temporelle de toutes choses était de nature paradisiaque. Au temps du jardin d'Éden, toutes les formes de vie vivaient dans un état différent et plus élevé que celui que nous connaissons de nos jours. La chute prochaine allait rabaisser leur état et leur progression. La mort et la procréation devaient encore entrer dans le monde. La mort serait le cadeau d’Adam à l’homme, et le don de Dieu serait la vie éternelle grâce à Jésus-Christ notre Seigneur.
Donc, la vie provenait de Dieu ; la mort est venue d’Adam ; et l’immortalité et la vie éternelle viennent par Jésus-Christ. Pour utiliser le langage précis et éloquent de Léhi, tous les hommes sont en « état d'épreuve » à cause de la chute. Et « si Adam n’avait pas transgressé, il ne serait pas tombé, mais il serait resté dans le jardin d’Éden ». Il était alors dans un état d’immortalité physique, ce qui signifie qu’il aurait vécu à jamais parce qu’il n’y avait pas encore de mort. « Et eux (nos premiers parents) n’auraient pas eu d’enfants » ; on leur aurait refusé les expériences d’une épreuve mortelle et d’une mort physique ; c’est par l'intermédiaire de ces deux choses — la mort et les épreuves de la mortalité — que vient la vie éternelle. Mais — grâce en soit à Dieu — « Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir de la joie. Et le Messie viendra dans la plénitude des temps pour racheter les enfants des hommes de la chute » (2 Néphi 2:21–26).
Sachant toutes ces choses à propos du plan de salut, il nous est maintenant possible d'examiner la création de cette terre, de l’homme et de toute forme de vie. Sachant que la création a rendu possible la chute, et que la chute a permis l’expiation, et que le salut lui-même découle de l’expiation, nous pouvons remettre dans sa juste perspective la connaissance qui nous a été révélée à propos de la création.
Notre savoir au sujet de la création est limitée. Nous ne connaissons ni le pourquoi, ni le comment, ni le quand de toutes choses. Nous sommes si limités que nous ne pourrions pas les comprendre si elles nous étaient révélées dans toute leur gloire, leur plénitude et leur perfection. Il nous a été révélé la partie de la parole de Dieu que nous devons croire et comprendre afin de contempler la vérité qui touche la chute et l’expiation et ainsi devenir héritiers du salut.
Dans des temps futurs, le Seigneur en demandera plus aux saints en ce qui concerne la création qu'à nous en ce moment. « Le jour où le Seigneur viendra, il révélera tout », nous disent nos révélations des derniers jours. « Ce qui est passé et ce qui est caché et que nul ne connaissait, les choses de la terre par lesquelles elle fut faite, leur dessein et leur fin » (D&A 101:32–33). En attendant le millénium, il est de notre responsabilité de croire et d’accepter cette partie de vérité qui nous a été donnée concernant la création.
Le Christ est le Créateur et le Rédempteur de mondes si nombreux qu’ils ne peuvent être dénombrés par l’homme. En ce qui concernent ses entreprises créatrices et rédemptrices infinies et éternelles, les Écritures attestent ceci : « Et j’ai créé des mondes sans nombre », dit le Père, « et je les ai également créés dans un dessein qui m'est propre, et je les ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique . . . Mais je parle seulement de cette terre, et de ses habitants ». En ce qui concerne les autres mondes que le Seigneur a créés, nous savons seulement que c’est son œuvre et sa gloire de «réaliser l’immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:33, 35, 39).
C'est pendant la vision la plus glorieuse qui fut probablement jamais donnée aux mortels de cette dispensation que Joseph Smith et Sidney Rigdon ont vu « le Fils, à la droite de Dieu », et « ont entendu « la voix rendre témoignage qu’il est le Fils unique du Père ; que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés par Dieu » (D&A 76:20, 23–24). Le Christ est donc le Créateur et le Rédempteur. C'est par lui que les mondes ont été faits et grâce à son expiation infinie les habitants de ces mondes sont adoptés dans la famille divine en tant qu'héritiers avec lui-même. C’est en se basant sur cette vision et sur le fait que les saints deviennent les fils de Dieu par la foi que le prophète Joseph Smith écrivit :
_Et j’ai entendu une voix grandiose qui témoignait depuis les cieux_
_Qu'il est le Sauveur et le Fils unique de Dieu ;
Par lui, de lui, et à travers lui, les mondes ont été créés,
Et même tout ce qui se trouvent dans les vastes cieux.
Leurs habitants, eux aussi, du premier au dernier,
Sont sauvés par notre Seigneur lui-même ;
Et, bien sûr, ils sont des filles et des fils engendrés pour Dieu,
En vertu des mêmes vérités et des mêmes pouvoirs._
(_Millennial Star,_ vol. 4, pp. 49–55; cité dans _Mormon Doctrine,_ 2e éd., Salt Lake City : Bookcraft, 1966, p. 66.)
La nature infinie et éternelle de la création et de la rédemption dépasse la compréhension mortelle. Nous sommes reconnaissants de ce que le Seigneur nous laisse entrevoir cette parcelle de la vérité éternelle relative à ses travaux sans fin. Mais c'est cette terre-ci qui nous intéresse. Ce sont les vérités relatives à « notre création » qui traceront la voie que nous devons nous efforcer de suivre pour obtenir la vie éternelle.
Donc, avec Abraham, contemplons la grande multitude des « nobles et grands » de l’existence prémortelle. « Il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu ». C'est le grand Jéhovah, le Premier-né du Père. Nous l’entendons dire « à ceux qui étaient avec lui », à Michel et à la grande multitude d’âmes vaillantes : « Nous descendrons, car il y a de l'espace là-bas, nous prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci pourront habiter » (Abraham 3:22, 24).
Comme nous examinons, écoutons et réfléchissons, notre esprit est éclairé et notre compréhension atteint les cieux. Le Christ est vraiment le Créateur du futur foyer des enfants d'esprit de notre Père. Mais il ne travaille pas seul. La Création est un projet organisé ; chacun des autres esprits grands et nobles a son rôle à jouer. Et la terre est créée à partir de matière qui existe déjà. En vérité, les éléments sont éternels, et créer signifie organiser.
Au fur et à mesure que le travail progresse, nous voyons l’accomplissement de ce dont Dieu a parlé à Moïse dans les Dix Commandements : « Car en six jours l'Éternel a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve, et il s'est reposé le septième jour » (Exode 20:11). Ce sont des événements relatifs à la création qui se sont passés pendant chacun de ces « jours » dont nous allons maintenant parler.
Mais d’abord, qu’est-ce qu’un jour ? C'est une période de temps déterminée ; c’est un âge, un éon, une division d’éternité ; c’est la période écoulée entre deux événements identifiables. Et chaque jour, quelqu'en soit la longueur, dure le temps nécessaire à l'accomplissement de ses desseins qui lui sont relatifs. Un repère de temps est celui dont un corps céleste (étoile, planète) a besoin pour tourner une fois autour de son axe. Par exemple, Abraham dit que selon « sa façon de compter », le Seigneur considère qu'un jour dure « mille ans ». C’est là le calcul du temps du Seigneur selon le calcul de Kolob » (Abraham 3:4).
Nous n'avons pas de révélation spécifiant que chacun des « six jours » de la Création ait eu la même durée. Les trois comptes rendus que nous avons de la création sont ceux donnés par Moïse, Abraham et celui qui est présentée dans les temples. Chacun d'entre eux remonte au prophète Joseph Smith. Les récits de Moïse et d'Abraham placent les événements de la création les mêmes jours successifs. Nous suivrons ces récits scripturaires de notre analyse. Celui du temple, pour des raisons évidentes à ceux qui sont familiarisés à ses enseignements, a une division différente des événements. Il semble clair que les « six jours » constituent une seule période continue et qu’il n’y a pas de place pour effectuer une séparation entre les événements successifs.
Le compte rendu de Moïse et celui du temple parlent de la création physique, l’organisation effective de la matière sous forme tangible. Ils ne parlent pas de création spirituelle. Abraham donne le « projet » de la création. Il nous raconte les plans des êtres saints qui ont effectué l’œuvre de la création. Après avoir énuméré les événements des « six jours », il dit : « Et telles furent leurs décisions à l'époque où ils se concertèrent pour former les cieux et la terre »
Puis il dit qu’ils ont fait ce qu'ils avaient prévu, ce qui signifie que nous pouvons considérer que le récit d'Abraham parle de la création elle-même, tout autant que les autres.
_Le premier jour —_ Élohim, Jéhovah, Michel, une multitude d'êtres grands et nobles — ont tous joué leur rôle. « Les Dieux » ont créé les cieux atmosphériques et la terre temporelle. Elle était « informe et vide »; elle ne pouvait pas encore remplir le but utile en ce qui concerne le salut de l’homme. Elle était « vide et désolée » ; la vie ne pouvait pas encore exister à sa surface ; elle n’était pas encore prête à accueillir les fils de Dieu. Les « eaux » du grand « abîme » étaient présentes, et les « ténèbres ont régné » jusqu’au décret divin : « Que la lumière soit ». La lumière et les ténèbres ont été « séparées », la lumière fut appelée « Jour » et les ténèbres « Nuit ». Il est clair qu'ainsi notre planète est devenue un corps sphérique tournant, et qu'elle a été placée sur orbite autour de notre soleil (Voir Moïse 2:1–5; Abr. 4:1–5).
_Le deuxième jour —_ Ce jour-là, « les eaux » ont été « séparées » entre la surface de la terre et les cieux atmosphériques qui l’entouraient. Un « firmament » ou une « étendue » appelée « Ciel » a été créée pour séparer « les eaux qui étaient sous l’étendue des eaux qui étaient au-dessus de l’étendue ». Ainsi, au fur et à mesure que se développent les événements de la création, il semble que des dispositions ont été prises pour que la pluie, les nuages et des orages donnent vie à tout ce qui allait pousser et demeurer sur la terre (Voir Moïse 2:6–8; Abr. 4:6–8).
_Le troisième jour—_C’est le jour où la vie a commencé. Celui où « les eaux qui sont au-dessous du ciel » ont été « rassemblées en un seul lieu » et où « le sec » est apparu. On a appelé le sec « Terre », et l'amas des eaux est devenu « la Mer ». C’est le jour où « les Dieux organisèrent la terre afin qu'elle produisit » de l’herbe, des plantes et des arbres ; et c’est le jour où la végétation, sous toutes ses formes a commencé à pousser à partir des semences plantées par les Créateurs. C’est le jour où le décret a été donné que l’herbe, les plantes et les arbres ne pouvaient pousser chacun qu'à partir de « sa semence », et qu' à son tour, chacun ne pouvait produire que selon « selon espèce ». Ainsi, les limites des royaumes des plantes et des végétaux ont été posées par la main de ceux qui avaient créé chaque variété de plante et d'arbre (Voir Moïse 2:9–13; Abraham 4:9–13).
_Le quatrième jour —_ Après que toutes les variétés de semences eussent été plantées sur la terre, après qu'elles eussent toutes germé et poussé, après que chaque variété eut été préparée à porter du fruit et de la semence d'après sa propre espèce — les Créateurs organisèrent toutes choses de telle façon que leur jardin terrestre soit beau et productif. Ils « organisèrent les luminaires dans l’étendue du ciel » afin qu’il y ait les « saisons » et une façon de mesurer les « jours » et les « années ». Nous ne pouvons aucunement savoir les qui changements se sont produits, mais c'est à cette période que le soleil, la lune et les étoiles sont entrés en rapport avec la terre comme cela se passe de nos jours. Du moins, leur lumière respective a-t-elle commencé à briller au travers des brumes élevées qui voilaient la terre nouvellement créée afin qu’ils puissent jouer leur rôle en référence à la vie sous toutes ses formes qui allait bientôt apparaître sur le nouveau globe (Voir Moïse 2:14–19; Abraham 4:14–19).
_Le cinquième jour —_ Puis, vinrent les poissons, les oiseaux et « toute créature vivante » qui se meut dans « les eaux ». Leurs Créateurs les ont placés sur la terre nouvellement organisée et leur ont donné le commandement suivant : « Soyez féconds, multipliez et remplissez les eaux de la mer ; et que les oiseaux se multiplient sur la terre ». Ce commandement — semblable au décret donné à l’homme et applicable à la vie animale—ils ne pouvaient alors le garder, mais bientôt, ils en auraient la possibilité. En plus du commandement de multiplier, il y avait une restriction venant des cieux que les créatures vivant dans les eaux ne pouvaient produire que « selon leur espèce », et que « tout oiseau ailé », « selon son espèce ». Aucune prévision n'a été envisagée pour faire place à une évolution ou là un changement d’une espèce à l’autre (Voir Moïse 2:20–23; Abraham 4:20–23).
_Le sixième jour —_ Le jour couronnant la création était arrivé. Pendant ses premières heures, les grands Créateurs « firent les bêtes selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tout ce qui rampe sur la terre selon son espèce ». Les mêmes restrictions procréatives qui avaient été données à toutes les formes de vie s’appliquaient à eux ; ils ne dev aient eux aussi reproduire que selon leur espèce.
Tout ce dont nous avons parlé s'est maintenant accompli, mais qu’en était-il de l’homme ? Peut-on trouver l’homme sur la terre ? Non. Ainsi, « les Dieux », ayant tenu conseil entre eux, ont dit : « Descendons et formons l’homme à notre image, selon notre ressemblance . . . Ainsi donc les Dieux descendirent organiser l’homme à leur propre image, le former à l’image des Dieux, pour les former homme et femme ». Ils ont ensuite fait comme ils avaient décidé durant leur conseil, et le plus glorieux de tous les actes de Dieu s'est accompli. L’homme est la créature suprême, venu selon la volonté divine. Il est à l’image et à la ressemblance du Père éternel et il lui a été donné de « dominer » sur toute choses. Et puis, finalement, pour que ses desseins puissent s'accomplir éternellement, Dieu bénit « l'homme et la femme » qu’il a créés et leur commanda : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tous les êtres vivants qui se meuvent sur la terre ». Le « sixième jour » se termine, et les Créateurs, contemplant avec satisfaction le fruit de leur labeur, voient que « tout » ce qu’ils ont « fait » est « bon » (Voir Moïse 2:24–31; Abraham 4:24–31).
Voilà le compte rendu de la création tel qu'il a été révélé. Notre résumé a combiné des éléments des récits de Moïse et d'Abraham et le compte rendu du temple. À ce moment de la création, le récit de Moïse et d'Abraham, nous dit : « Ainsi furent terminés le ciel et la terre, et toute leurs multitudes ». Et le Seigneur se reposa le « septième jour » (Voir Moïse 3:1–3).
Pourquoi le Seigneur nous a-t-il révélé ces comptes rendus de la création ? Dans quel buts ? Comment la connaissance que nous avons d'eux nous aide-t-elle à travailler à notre salut ou bien à centrer notre affection sur lui de qui nous venons et par qui toutes choses ont été faites ?
Il est évident que nous n’avons jamais reçu de révélations inutiles. Tout ce que fait le Seigneur a un but. Il attend de nous que nous conservions précieusement sa parole, que nous en méditions les sens profonds et cachés dans notre cœur, et que nous en comprenions l'entière signification. Ceux qui ont agi ainsi savent que les récits révélés de la création existent pour accomplir deux grands buts. Leur _but général_ est de nous permettre de comprendre la nature de notre vie mortelle, vie pendant laquelle tous les hommes sont mis à l'épreuve « pour voir s’ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera » (Abraham 3:25). Leur _but spécifique_ est de nous permettre de comprendre le sacrifice expiatoire du Seigneur Jésus-Christ, qui est la fondation sur laquelle repose notre religion révélée.
Il n'est que juste de dire qu’un simple récit de ce qui s’est passé pendant les « six jours » et la connaissance que Dieu s'est reposé pendant le « septième jour » n’expliquent pas d'eux-mêmes les buts des comptes rendus de la création. C'est pourquoi le Seigneur explique le but et la nature de la Création comme le rapporte le chapitre 3 du livre de Moïse. C'est un commentaire de la Création qui nous révèle certains faits et principes sans lesquels nous ne pouvons envisager la véritable doctrine de la Création. Ces remarques sont insérées dans le récit historique afin de nous en donner le sens et l'impact véritables. Ce n'est pas une énumération chronologique, mais un commentaire de ce qui a déjà été fait dans un ordre continu.
Le Seigneur présente son commentaire de la Création en disant que les événements des « six jours » sont « les origines du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés, le jour où moi, le Seigneur Dieu, je fis le ciel et la terre » (Moïse 3:4). Ainsi, tout a été créé ; le travail est achevé ; le récit est révélé ; mais il ne peut être compris que si l'on y ajoute d'autres vérités. Celles-ci traitent de l’existence prémortelle de toutes choses et de la nature paradisiaque de la terre et de toutes les créations quand elles sont sorties des mains du Créateur. Ces deux concepts sont liés entre eux dans les mêmes phrases, et parfois les mots employés ont un double sens et s’appliquent à la fois à la vie prémortelle et à la création paradisiaque.
Et donc le Seigneur dit qu’il a créé « chaque plante des champs avant qu’elle fût sur la terre, et chaque herbe des champs avant qu’elle crût . . . Et moi, le Seigneur Dieu, j’ai créé tous les enfants des hommes, mais pas encore d'homme pour cultiver le sol ; car c'est dans le ciel que je les avais créés » (Moïse 3:5). Il parle clairement de l’existence prémortelle de toutes choses. Cette terre, tous les hommes, animaux, poissons, oiseaux et plantes, toutes chose ont vécu d’abord en tant qu'entité d'esprit. Ils résidaient aux cieux, et la terre a été créée pour être un endroit où ils pourraient devenir mortels.
« Car moi, le Seigneur Dieu, je créai spirituellement toutes les choses dont j'ai parlé, avant qu’elles fussent naturellement sur la face de la terre ». Appliquez ces paroles à la création spirituelle et elles seront vraies dans ce contexte-là. Mais elles ont une signification plus spécifiques et importante. Elles sont suivis par cet énoncé : « Car moi, le Seigneur Dieu, je n’avais pas encore fait pleuvoir sur la terre . . . Et il n’y avait pas encore de chair sur la terre, ni dans l’eau, ni dans l’air ; mais moi, le Seigneur Dieu, je parlai et un brouillard monta de la terre, et arrosa toute la surface du sol » (Moïse 3:5–6). Le Seigneur nous raconte ici les événements dont il a parlé, les événements des « six jours », ce qui constitue le récit de la création physique ou tangible ou temporelle dont il nous est parlé dans le chapitre 2 de Moïse. Il dit que les choses ont été créées « spirituellement » et qu'elles n’étaient pas « naturellement sur la face de la terre », pour les raisons citées ci-dessus.
Nous devons maintenant insérer un passage de notre dixième Article de foi : « Nous croyons . . . que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque ». C’est-à-dire que quand la terre a été tout d'abord créée, elle était dans un état édénique où il n’y avait pas de mort. Et quand le Seigneur reviendra et que la période du millénium commencera, la terre retrouvera son état paradisiaque. Elle sera renouvelée ; elle deviendra un nouvel Éden, une nouvelle terre où la justice régnera. Ce jour-là, nous savons « qu'il n’y aura pas de deuil, parce qu’il n’y aura pas de mort » (D&A 101:29).
Nous apprenons donc que la création initiale était paradisiaque, la mort et la mortalité n’étaient pas encore entrées dans le monde. Il n’y avait aucune chair mortelle sur la terre sous quelque forme de vie que ce soit. La Création était finie, mais la mortalité telle que nous la connaissons faisait encore partie de l'avenir. Toutes choses avaient été créées dans un état d’immortalité. C’est de ce jour-là que Léhi a dit : « Et toutes choses qui ont été créées auraient dû rester dans l'état même où elles se trouvaient après leur création ; et elles auraient dû demeurer toujours et ne pas avoir de fin » (2 Néphi 2:22). Si la mort n'existe pas, toutes choses doivent nécessairement continuer à vivre éternellement.
Continuons à lire le commentaire divin de la Création : « Et moi, le Seigneur Dieu, je formai l’homme de la poussière de la terre, et j’insufflai dans ses narines le souffle de la vie, et l’homme devint une âme vivante, la première chair sur la terre et aussi le premier homme. Néanmoins, toutes les choses avaient été créées auparavant ; mais c'est spirituellement qu'elles avaient été créées et faites, selon ma parole » (Moïse 3:7). Que ces paroles sont chargées de sens ! Le corps physique d’Adam est fait à partir de la poussière de cette même terre sur laquelle les Dieux sont descendus pour le former. Son « esprit » entre dans son corps, comme le dit Abraham (Voir Abraham 5:7). L’homme devient une âme immortelle et vivante ; corps et esprit sont unis l'un à l'autre. Il a créé « spirituellement » comme toutes choses parce qu'il n’y a pas encore de mortalité. Puis vient la chute ; Adam tombe ; la mortalité, la procréation et la mort commencent. L’homme déchu est mortel ; sa chair est mortelle ; Il est « la première chair sur la terre ». Et les effets de sa chute sont transmis à toutes les créations. Elles tombent en ce qu'elles aussi deviennent mortelles. La mort entre dans le monde ; la mortalité règne ; la procréation commence ; et les grands et éternels desseins du Seigneur vont de l'avant.
Donc, « toutes choses » ont été créées dans les cieux en tant qu'entités d'esprit ; puis « toutes choses » ont été créées dans un état paradisiaque sur la terre ; c’est-à-dire que « c'est spirituellement qu'elles avaient été créées » puisqu'il n’y avait pas encore de mort. Elles avaient _des corps spirituels_ faits d'éléments provenant de la terre à distinguer des _corps mortels_ qu’elles recevraient après la chute quand la mort commencerait à apparaître. Les corps naturels sont sujets à la mort naturelle ; les corps spirituels sont de nature paradisiaque et ne sont pas sujet à la mort. D’où la nécessité de la chute, de la mortalité et de la mort qui en découlent.
Donc, comme nous l’explique l'Écriture suivante : « Et moi, le Seigneur Dieu, je plantai un jardin en Éden, du côté de l'Orient, et j'y mis l’homme que j’avais formé » (Moïse 3:8). Adam, notre père, a demeuré dans le Jardin d’Éden. Il a été le _premier de tous les hommes_ au jour de sa création, et il est devenu la _première de toutes les chairs_ à travers la chute. En raison de la Chute, « toutes choses » passèrent de l'état spirituel à l'état naturel. Et nous lisons donc : « Et moi, le Seigneur, je fis pousser _naturellement_ du sol tous les arbres qui sont agréables à la vue de l’homme, et l’homme put les voir. Et ils devinrent aussi des âme vivante. Car ils étaient _spirituels_ le jour où je les créai » (Moïse 3:9; italique ajouté).
Il n’y a pas d’évolution d’une espèce à l'autre dans tout cela. Le compte rendu nous parle de « tous les arbres » et de « toutes choses ». En les considérant comme une unité collective, le récit continue ainsi : « Ils demeurèrent dans la sphère dans laquelle moi, Dieu, je les ai créés, oui, à savoir tout ce que j’ai préparé pour l’usage de l’homme, et l’homme vit que c’était bon à manger » (Moïse 3:9).
Le commentaire que le Seigneur fait de la Création dit également ceci : « Et moi, le Seigneur Dieu, je formai de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel ; . . . et ils étaient également des âmes vivantes, car moi, Dieu, j’insufflai en eux le souffle de vie » (Moïse 3:19). Il nous est également, figurativement parlant, qu’Ève a été formée d'une côte d’Adam. Et en ce jour-là, quand ni la mort ni les expériences probatoires n’étaient encore entrées dans le monde, « l’homme et sa femme étaient tous deux nus et ils n’avaient point honte » (Voir Moïse 3:21–25).
En ce qui concerne la chute elle-même, il nous est dit que le Seigneur a planté « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » au milieu du jardin. (Moïse 3:9). Et il a commandé à Adam et à Ève : « Tu peux manger à discrétion de chaque arbre du jardin. Mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ; néanmoins, tu peux choisir pour toi-même, car cela t’est donné ; mais souviens-toi que je le défends, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Moïse 3:16–17). Le récit nous parle de nouveau figurativement. Ce que signifie goûter au bien et au mal, c’est que nos premiers parents se sont conformés aux lois quelles qu'elles soient pour que leur corps passent de l'état paradisiaque et immortel à l'état naturel et mortel.
Le chapitre 4 de Moïse donne le compte rendu effectif de la chute. Adam et Ève goûtent le fruit défendu, et la terre est maudite et commence à produire des épines et des chardons ; c’est-à-dire que la terre tombe dans son état naturel, que nous connaissons présentement. On appelle Ève « la mère de tous les vivants » (Moïse 4:26) et Adam et elle commencent à avoir des « fils et filles » (Moïse 5:3).
Donc, l’homme est créé de telle façon qu'il peut tomber. Il tombe et amène la mortalité, la procréation et la mort pour qu'il soit racheté par le sacrifice expiatoire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, il est racheté d'une mort spirituelle et temporelle amenée dans le monde par la chute d’Adam afin qu’il ait l’immortalité et la vie éternelle. La création, la chute et l’expiation ne font qu'un.
Ces vérités révélées à propos de la création de toutes choses vont à l’encontre de nombreuses théories et spéculations du monde. Cependant, elles sont la parole inspirée et il est de notre devoir de les accepter. Nous admettons franchement que notre connaissance de la création de l’univers, de cette terre, de l’homme et de toutes les créatures vivantes est bien maigre, peut-être presque minuscule, comparée à ce qu’il y a à apprendre. Mais le Seigneur nous en a révélé autant qu'il nous est nécessaire de connaître dans notre état probatoire au sujet du mystère de la création.
Il nous a révélé les vérités fondamentales qui nous permettent de comprendre la véritable doctrine de la création. Cette doctrine, c'est que le Seigneur Jésus-Christ est à la fois le Créateur et le Rédempteur de cette terre et de tout ce qui s’y trouve, sauf l’homme. C’est le Seigneur Dieu lui-même, notre Père à tous, qui est descendu et qui a créé l’être humain, homme et femme, à sa propre image et selon sa ressemblance. C’est que la Terre et tout le reste ont été créés dans un état paradisiaque pour qu’il puisse y avoir une chute. C’est que le Grand Créateur est devenu le Rédempteur pour qu'il puisse racheter l'homme des conséquences de la Chute, réalisant ainsi l’immortalité et la vie éternelle de l’homme. C’est que la création, la chute et l’expiation sont les trois piliers de l’éternité. C’est que tous ceux qui acceptent le Christ comme Créateur et Rédempteur ont le pouvoir de devenir cohéritiers avec lui et ainsi d’hériter tout ce que son Père possède.
Le Christ est véritablement le Créateur et le Rédempteur, comme le représente la reproduction en marbre du _Christus_ de Bertel Thorvaldsen qui se trouve dans la rotonde du Centre d'accueil des visiteurs au Square du Temple à Salk Lake City. Nous y voyons le Créateur sculpté dans un marbre majestueux, se tenant au milieu de l’éternité. Il est entouré du dôme et de murs sur lesquels sont peint les cieux et leurs sphères infinies, se déplaçant tous dans un cosmos organisé. Et alors que nous contemplons ce que la simple main d'un homme a créé, nos esprits s’ouvrent et perçoivent de façon limitée pour voir le miracle de la création.
Nous remarquons également la trace des clous, sur ces mains bénies, ces mains qui ont guéri et béni ; nous remarquons également les pieds qui ont parcouru les sentiers poussiéreux de la terre que ses mains ont créée. Nous voyons l'entaille sur son flanc percé dont sont sortis l'eau et le sang pour signifier que l’expiation avait été accomplie. Et de nouveau, notre esprit s’ouvre pour percevoir de façon limitée le miracle de la rédemption.
En réfléchissant à l'aspect prodigieux de tout cela, notre regard et nos pensées s’attardent sur le beau visage et nous ressentons l’appel puissant des bras tendus. Et cette merveille de marbre semble respirer la vie et dire : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14:6). « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Venez à moi et vous serez sauvés. Venez hériter le royaume préparé depuis la fondation du monde pour tous ceux qui m’acceptent comme Créateur et Rédempteur. Viens, sois un avec moi. Je suis ton Dieu.