# Libre arbitre moral
Auteur : D. Tood Christofferson
Date : 31 janvier 2006
Je vous adresse mes salutations les plus chaleureuses en cette froide journée de janvier. Il y a deux ans, en janvier, le Président Gordon B. Hinckley s'adressait aux dirigeants de l'Église du monde entier, hommes et femmes. Commentant sur la situation actuelle, il a déclaré : Nul besoin de vous dire que nous vivons une période très difficile dans l'histoire du monde. . . . . . . Je ne sais pas si la situation était pire à l'époque de Sodome et Go morrhe. À cette époque, Abraham a négocié avec le Seigneur pour sauver ces villes au nom des justes. Malgré ses supplications, la situation était si grave que Jéhovah décréta leur destruction. Ces villes et leurs habi tants impies ont été anéantis. Nous observons des conditions similaires aujourd'hui. Elles prévalent dans le monde entier. Je pense que notre Père doit pleurer en regardant ses fils et filles égarés. Au sein de l'Église, nous travaillons très dur pour endiguer ce mal. Mais c'est une bataille difficile, et nous nous demandons parfois si nous fai sons des progrès. Pourtant, nous réussissons de manière substantielle. Nous voyons tant de nos jeunes qui sont fidèles et sincères et qui se tour nent vers nous pour obtenir encouragement et direction. C'est vous que le Président Hinckley pensait lorsqu'il cherchait des signes in diquant que nous pourrions réussir, en tant qu'Église, à endiguer la progression du mal. Si, comme il l'a dit, vous vous tournez vers nous pour obtenir encoura gement et direction, je veux vous en offrir un peu des deux. J'aimerais vous 1 parler du libre arbitre moral et vous offrir quelques conseils sur la manière dont vous utilisez votre libre arbitre. Dans les années passées, nous utilisions généralement l'expression libre ar bitre. Ce n'est pas incorrect, mais plus récemment, nous avons remarqué que l'expression libre arbitre n'apparaît pas comme une expression dans les Écri tures. Celles-ci parlent de notre liberté de choisir et de notre liberté d'agir pour nous-mêmes (2 Néphi 2:27; 10:23; voir aussi Hélaman 14:30) et de notre obligation de faire beaucoup de choses de notre propre libre arbitre (D&A 58:27). Mais le mot libre arbitre apparaît soit seul, soit, dans Doctrine et Alliances, section 101, ver set 78, avec le qualificatif moral : « Afin que tout homme puisse agir en doctrine et en principe... selon le libre arbitre moral que je lui ai donné, afin que, le jour du jugement, chacun soit responsable de ses propres péchés » (accentuation ajouté). Lorsque nous utilisons le terme libre arbitre morale, nous soulignons donc de manière appropriée la responsabilité qui est une partie essentielle du don divin du libre arbitre. Nous sommes des êtres moraux et des agents de nous-mêmes, libres de choisir mais également responsables de nos choix. LES ÉLÉMENTS DU LIBRE ARBITRE MORAL Quels sont donc les éléments du libre arbitre morale ? Pour moi, il y en a trois. Premièrement, il doit y avoir des alternatives parmi lesquelles choisir. Lehi les a décrites comme des contraires, ou « une opposition ». Il parlait de la justice et de son contraire, la méchanceté ; de la sainteté et de la misère ; du bien et du mal. Sans contraires, disait Lehi, « chaque chose doit nécessairement être un composé ; . . . ni vie ni mort, ni corruption ni incorruptibilité, ni bonheur ni malheur, ni sensibilité ni insensibilité. » (2 Néphi 2:11-13). Il expliquait ensuite que pour que ces opposés ou ces alternatives existent, il doit y avoir une loi. La loi nous offre des choix. C'est par l'application des lois que les choses se produisent. En utilisant ou en obéissant à une loi, on peut obtenir un résultat particulier — et par la désobéissance, le résultat contraire. Sans loi, il ne pourrait y avoir de Dieu, car Il serait impuissant à provoquer quoi que ce soit (voir 2 Néphi 2:13). Ni lui ni nous ne serions capables de prédire ou de 2 choisir un résultat particulier à partir d'une action donnée. Notre existence et la création qui nous entoure sont des preuves convaincantes que Dieu, le Créa teur, existe et que notre monde mortel se compose « à la fois de choses qui se meuvent que les choses qui sont mues (2 Néphi 2:14) » — ou, en d'autres termes, de choix. Deuxièmement, pour pouvoir exercer notre libre arbitre, nous devons non seu lement avoir des alternatives, mais nous devons également savoir qu'elles existent et ce qu'elles sont. Si nous ne sommes pas conscients des choix dis ponibles, l'existence de ces choix n'a aucun sens pour nous. Lehi appelait cela être « attiré par l'attrait de l'un ou de l'autre (2 Néphi 2:14) ». Il se rappelait de la situation d'Adam et Ève dans le jardin d'Éden, confrontés à un choix, « même le fruit défendu par opposition à l'arbre de vie ; l'un étant doux et l'autre amer. (2 Néphi 2:15) » Le choix d'Adam et Ève, bien sûr, a bien entraîné la Chute, qui a apporté avec elle la connaissance du bien et du mal, ouvrant à leur compré hension une multitude de nouveaux choix. S'ils étaient restés dans le jardin d'Éden, « ils seraient restés dans un état d'innocence, n'ayant aucune joie, car ils ne connaissaient aucune misère, ne faisant aucun bien, car ils ne connais saient aucun péché (2 Néphi 2:23) ». Mais avec la Chute, eux comme nous ac quérons une connaissance et une compréhension suffisantes pour être attirés par le bien et le mal — nous atteignons un état de responsabilité et pouvons reconnaître les alternatives qui s'offrent à nous. La beauté de l'Évangile de Jésus-Christ réside dans sa capacité à déverser la connaissance dans notre âme et à révéler les choses sous leur vrai jour. Grâce à cette perspective élargie, nous pouvons discerner plus clairement les choix qui s'offrent à nous et leurs conséquences. Nous pouvons ainsi faire un usage plus intelligent de notre libre arbitre. Trop nombreux sont ceux qui tombent dans des pièges inattendus et sombrent dans le malheur parce qu'ils man quent ou ignorent la lumière de l'Évangile. Ils ne sont pas conscients de leurs options ou sont confus quant aux conséquences de leurs choix. L'ignorance limite effectivement leur libre arbitre. 3 Troisièmement, après l'existence des choix et la connaissance de ceux-ci, vient l'élément suivant du libre arbitre : la liberté de faire des choix (voir 2 Néphi 10:23) . Cette liberté d'agir pour nous-mêmes en choisissant parmi les alterna tives établies par la loi est souvent appelée dans les Écritures le libre arbitre lui même. Nous devons cette liberté à Dieu. C'est un don qu'il nous a fait (voir Moïse 4:3). Le Seigneur dit à Hénoc : « Regarde ceux-ci qui sont tes frères ; ils sont l'œuvre de mes mains ; je leur ai donné leur connaissance le jour où je les ai créés ; et dans le Jardin d'Éden, j'ai donné à l'homme son libre arbitre (Moïse 7:32). » Le roi Benjamin nous a rappelé qu'en plus de nous donner la liberté de choisir, Dieu rend possible l'utilisation de ce don parce qu'Il « vous préserve de jour en jour, en vous prêtant le souffle afin que vous viviez, et ayez le mouvement, et agissiez selon votre volonté, et vous soutenant même d'un moment à l'autre (Mosiah 2:21). » Prenons un moment pour noter que la liberté de choix est la liberté d'obéir ou de désobéir aux lois en vigueur — et non la liberté d'en modifier leurs consé quences. La loi, comme mentionné précédemment, existe comme un élément fondamental du libre arbitre morale avec des conséquences fixes qui ne varient pas selon nos opinions ou préférences. Dallin H. Oaks a observé lors d'un dis cours dévotionnelle ici que « nous sommes responsables d'utiliser notre libre arbitre dans un monde de choix. » Il ne sert à rien de prétendre que notre libre arbitre a été supprimé lorsque nous ne sommes pas libres de l'exercer sans conséquences indésirables. L'attaque de Satan contre le libre arbitre Nous reconnaissons le don du libre arbitre comme un aspect central du plan de salut proposé par le Père lors du grand conseil prémortel, et qu'il y a eu « une guerre dans le ciel (Apocalypse 12:7) » pour le défendre et le préserver. Le Sei gneur a révélé cela à Moïse : C'est pourquoi, parce que Satan se rebellait contre moi, qu'il cherchait à détruire le libre arbitre de l'homme, que moi, le Seigneur Dieu, je lui avais 4 donnée, et aussi, parce qu'il voulait que je lui donne mon pouvoir, par le pouvoir de mon Fils unique je le fis précipiter ; Et il devint Satan, oui, le diable, le père de tous les mensonges, pour trom per et pour aveugler les hommes et les mener captifs à sa volonté, oui, tous ceux qui ne voudraient pas écouter ma voix (Moïse 4:3-4) . Satan n'a pas cessé son effort « de détruire le libre arbitre de l'homme. » Il en courage des comportements et des choix qui limitent la liberté de choisir d'une personne en remplaçant l'influence du Saint-Esprit par sa propre domination (voir D&A 29:40; 93:38–39). Céder à ses tentations conduit à un éventail de choix de plus en plus restreint, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun et à des dépen dances qui laissent l'individu impuissant à résister. Bien que Satan ne puisse pas réellement détruire la loi et la vérité, il parvient au même résultat dans la vie de ceux qui l'écoutent en les convainquant que tout ce qu'ils pensent être juste est juste et qu'il n'y a pas de vérité ultime — chaque homme est son propre dieu, et il n'y a pas de péché. Bien sûr, l'opposition constante de Satan est une élément utile, voire néces saire, du libre arbitre moral. Les Écritures déclarent : Il faut que le diable tente les enfants des hommes, sinon ils ne pourraient pas agir par eux-mêmes ; car s'ils n'avaient jamais ce qui est amer, ils ne pourraient pas connaître ce qui est doux. (D&A 29:39). Rappelons-nous cependant que nous conservons le droit et le pouvoir d'agir de manière indépendante. Dieu ne veut pas que nous cédions à la tentation. À l'exemple de Jésus, nous pouvons obtenir tout ce dont nous avons besoin dans le cadre de notre expérience mortelle sans céder. Le Rôle Central de Jésus-Christ Nous avons passé en revue les éléments du libre arbitre moral et ses origines divines, mais nous devons toujours nous rappeler que le libre arbitre n'aurait aucun sens sans la contribution essentielle de Jésus-Christ. Son rôle central a commencé par son soutien au plan du Père et sa volonté de devenir le Sauveur indispensable à ce plan. Ce plan nécessitait un cadre pour sa mise en œuvre, 5 et Jésus a joué un rôle déterminant dans la création de cette planète à cet fin. Plus important encore, bien que la Chute d'Adam ait été un élément crucial du plan, elle aurait également pu le compromettre si certaines de ses consé quences n'avaient pas été atténuées par l'Expiation et la Résurrection de Jé sus-Christ. Il était nécessaire, dans le plan de Dieu pour notre bonheur et notre gloire fu turs, que nous devenions moralement libres et responsables. Pour que cela se produise, nous avions besoin d'une expérience séparée de Lui où nos propres choix détermineraient notre destinée. La Chute d'Adam a entraîné la mort spi rituelle nécessaire pour nous séparer de Dieu et nous placer dans cette condi tion mortelle, ainsi que la mort physique nécessaire pour mettre fin à l'expé rience mortelle. Comme l'a dit Alma : Et maintenant, tu vois par là que nos premiers parents furent retranchés à la fois temporellement et spirituellement de la présence du Seigneur ; et ainsi, nous voyons qu'ils en furent réduits à suivre leur propre volonté (Alma 42:7) . Sans cela, cependant, ces morts auraient fait échouer le plan après l'avoir rendu possible. La mort devait être permise, mais elle devait aussi être surmon tée, sinon nous ne pourrions pas retourner en la présence de Dieu. Jacob, le frère de Néphi, l'a expliqué de cette manière : Comme la mort est passée sur tous les hommes, pour accomplir le plan miséricordieux du grand Créateur, il doit nécessairement y avoir un pou voir de résurrection, . . . . . . Car voici, si la chair ne se relevait plus, notre esprit serait soumis à cet ange qui tomba de la présence du Dieu éternel et devint le diable, pour ne plus se relever. Et notre esprit serait devenu semblable à lui. Et nous serions devenus des démons, anges d'un démon, pour être exclus de la présence de notre Dieu et rester avec le père des mensonges dans la misère comme lui; . . . 6 Oh ! comme elle est grande, la bonté de notre Dieu qui prépare une voie pour que nous échappions à l'étreinte de ce monstre affreux, oui, ce monstre, la mort et l'enfer, que j'appelle la mort du corps, et aussi la mort de l'esprit (2 Néphi 9:6, 8-10). Ainsi, si notre séparation d'avec Dieu et notre mort physique étaient perma nentes, le libre arbitre moral ne signifierait rien. Oui, nous serions libres de faire des choix, mais quel en serait le but ? Le résultat final serait toujours le même, peu importe nos actions : la mort sans espoir de résurrection et sans espoir de paradis. Bon ou mauvais, peu importe le choix que nous ferions, nous finirions tous, selon les mots de Jacob, « démons, anges d'un démon (2 Néphi 9:9). » Grâce à la résurrection par Jésus-Christ, la Chute peut atteindre son but essen tiel sans devenir une condamnation de mort permanente. « La tombe va livrer ses corps captifs », « l'enfer va livrer ses esprits captifs », et « le paradis de Dieu va livrer les esprits des justes » afin que « l'esprit et le corps sont rendus l'un à l'autre, et tous les hommes deviennent incorruptibles et immortels, et ils sont des âmes vivantes, ayant une connaissance parfaite comme nous dans la chair, sauf que notre connaissance sera parfaite (2 Néphi 9:12-13). » Mais il restait une chose que le Christ devait accomplir pour que le libre arbitre morale puisse avoir un potentiel positif. Tout comme la mort nous condamne rait et rendrait notre libre arbitre dénué de sens sans la rédemption du Christ, de même, sans sa grâce, nos mauvais choix ou nos péchés nous laisseraient perdus à jamais. Il nous serait impossible de nous remettre complètement de nos erreurs, et, étant impurs, nous ne pourrions plus jamais vivre à nouveau en présence de l'« Homme de Sainteté (Moïse 6:57; voir aussi 3 Néphi 27:19). » Nous ne pouvons pas compter sur la loi pour nous sauver lorsque nous l'avons transgressée (voir 2 Néphi 2:5). Nous avons besoin d'un Sauveur, d'un Médiateur capable de surmonter les effets de nos péchés et de nos erreurs afin qu'ils ne soient pas nécessairement fatals. C'est grâce à l'Expiation du Christ que nous pouvons nous relever de nos mauvais choix et être justifiés selon la loi comme si nous n'avions pas péché. 7 C'est pourquoi, la rédemption vient dans et par l'intermédiaire du Saint Messie ; car il est plein de grâce et de vérité. Voici, il s'offre en sacrifice pour le péché, pour satisfaire aux exigences de la loi, pour tous ceux qui ont le cœur brisé et l'esprit contrit (2 Néphi 2:6-7; voir aussi Alma 42:22-24). Le professeur C. Terry Warner a déclaré : Le libre arbitre de l'homme a été acquis au prix des souffrances du Christ. Cela signifie que ceux qui blâment Dieu pour permettre la souffrance hu maine, les Saints des Derniers Jours peuvent répondre que la souffrance est moins importante que le don du libre arbitre, dont tout le reste dé pend, et qu'aucun d'entre nous n'a payé un prix plus élevé pour ce don que le Christ. L'exemple du libre arbitre moral utilisé par le Sauveur L'exemple du libre arbitre moral du Sauveur durant sa vie est pour nous un exemple instructif. À un moment de son enseignement, il a révélé le principe qui guidait ses choix : « Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable (Jean 8:29; voir aussi 3 Néphi 11:11). » Je crois que la puissance du Seigneur est attribuable au fait qu'Il n'a jamais dévié de cette détermination. Il avait une direction claire et constante. Tout ce que le Père désirait, Jésus choisissait de le faire. Jean a rapporté la réponse suivante à la déclaration de Jésus selon laquelle Il faisait toujours les choses qui plaisent au Père : Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui. Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtres vraiment mes disciples ; Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira (Jean 8:30-32). 8 Ainsi, être un disciple obéissant de Jésus — tout comme lui-même est un dis ciple obéissant du Père — conduit à la vérité et à la liberté. Puis Il ajouta : « Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres (Jean 8:36). » Pour le monde séculier, il semble paradoxal qu'une plus grande soumission à Dieu engendre une plus grande liberté. Ils voient les choses à travers le prisme de Korihor, selon lequel l'obéissance aux lois et aux ordonnances de Dieu est une « servitude » (Alma 30:24, 27). Alors, comment l'obéissance et la vérité nous rendent-elles libres ? On peut aisément imaginer des exemples concrets par lesquels la vérité nous donne la capacité d'accomplir des choses que nous ne pourrions pas faire autrement ou d'éviter des catastrophes que nous pourrions autrement subir. J'ai lu récemment avec intérêt l'histoire d'une jeune Britannique qui avait appris à l'école les caractéristiques de l'eau le long du littoral annonçant l'approche d'un tsunami. Deux semaines plus tard, en vacances avec sa famille en Thaïlande, elle observa ces phénomènes et insista pour avertir ses parents et les personnes qui l'entouraient. Ils purent se réfugier sur les hauteur juste le temps lorsque le tsunami du 26 décembre 2004 frappa l'Asie du Sud. Plus d'une centaine de personnes doivent leur vie à la connaissance que cette jeune fille avait de certaines vérités du monde naturel. Mais l'affirmation du Seigneur selon laquelle la vérité nous rendra libres a une signification plus large. « La vérité, » nous dit-Il, « est la connaissance des choses telles qu'elles sont, telles qu'elles étaient et telles qu'elles sont à venir (D&A 93:24). » La possession de cette connaissance des choses passées, pré sentes et futures est un élément essentiel de la gloire de Dieu : « La gloire de Dieu c'est l'intelligence ou, en d'autres termes, la lumière et la vérité (D&A 93:36). » Qui douterait que, comme conséquence de posséder toute la lumière et toute la vérité, Dieu possède la liberté ultime d'être et d'agir ? De même, à mesure que notre compréhension de la doctrine et des principes de l'Évangile grandissent, notre libre arbitre s'accroît. Premièrement, nous avons plus de choix, nous pouvons accomplir davantage et recevoir de plus grandes bénédictions parce que nous avons plus de lois auxquelles nous 9 pouvons obéir. Pensez à une échelle — chaque nouvelle loi ou commandement que nous apprenons est comme une marche de plus qui nous permet de grim per plus haut. Deuxièmement, grâce à une compréhension accrue, nous pou vons faire des choix plus judicieux car nous voyons plus clairement non seule ment les alternatives mais aussi leurs conséquences potentielles. Comme l'a dit un jour le professeur Daniel H. Ludlow, l'étendue de notre libre arbitre « est directement proportionnelle au nombre et à la nature des lois que nous con naissons et respectons (Daniel H. Ludlow, “Moral Free Agency” , 2 July 1974). » Le Seigneur promet que si, dans l'exercice de notre libre arbitre, nous sui vons son exemple et faisons toujours ce qui lui plaît, ainsi qu'au Père, alors nous parviendrons à connaître et comprendre toutes choses : Et si avez l'œil fixé uniquement sur ma gloire, votre corps tout entier sera rempli de lumière, et il n'y aura pas de ténèbres en vous ; et ce corps qui est rempli de lumière comprend tout (D&A 88:67). Ce qui est de Dieu est lumière ; et celui qui reçoit la lumière et persévère en Dieu reçoit davantage de lumière ; et cette lumière devient de plus en plus brillante jusqu'au jour parfait (D&A 50:24). Celui qui garde ses commandements reçoit la vérité et la lumière jusqu'à ce qu'il soit glorifié dans la vérité et connaisse tout (D&A 93:28). Et l'Esprit donne la lumière à tout homme qui vient au monde ; et l'Esprit éclaire, partout dans le monde, tout homme qui écoute la voix de l'Esprit. Et quiconque écoute la voix de l'Esprit vient à Dieu, oui, au Père (D&A 84:46 47). Ce sont-là de magnifiques promesses : être rempli de lumière et de vérité, com prendre toutes choses, être glorifié dans la vérité et tout connaître, et parvenir jusqu'au Père. Je n'ai aucun doute quant à l'accomplissement littéral de ces promesses chez ceux qui exercent leur libre arbitre pour choisir l'obéissance, mais, tout comme vous, je reconnais qu'elles ne se réalisent pas en un jour. Il faut observer beaucoup de commandements — beaucoup de pratique, si vous voulez — et beaucoup d'expériences avant que nous puissions jouir d'une 10 plénitude. Nous devrions cependant être encouragés par ce que Jean a dit du Sauveur : Et moi, Jean, je vis qu'il ne recevait pas la plénitude dès l'abord, mais qu'il reçut grâce sur grâce; Et il ne reçut pas la plénitude dès l'abord, mais continua de grâce en grâce, jusqu'à ce qu'il reçut une plénitude (D&A 93:12-13). Ainsi, nous pouvons espérer marcher sur ses traces et recevoir grâce sur grâce et vérité sur vérité jusqu'à ce que nous recevions nous aussi la plénitude. L'épreuve comme partie intégrante de l'expérience essentielle Un effort constant éduquera et affinera nos désirs afin qu'avec le temps, tout comme pour Jésus, nos désirs s'alignent avec ceux du Père. Mais nous devons nous attendre à être mis à l'épreuve. Le don du libre arbitre est destiné à nous faire acquérir de l'expérience. Nous « goûtons l'amer, afin d'apprendre à appré cier le bien (Moïse 6:55). » Et Jésus, « bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes (Hébreux 5:8). » Nous apprenons à rester sur le droit chemin à travers l'adversité. On a dit à Jo seph Smith de s'attendre à une opposition sévère malgré ses bons choix. Dit le Seigneur : « Sache, mon fils, que toutes ces choses te donneront de l'expé rience et seront pour ton bien (D&A 122:7). » Nous vivons une expérience mor telle parce que nous ne pouvons pas devenir semblables à Dieu sans cette ex périence. Nous devons lui prouver, et nous prouver à nous-mêmes, que nous pouvons faire constamment les bons choix et ensuite nous y tenir, quoi qu'il arrive. Certains pensent qu'ils devraient être épargnés de toute adversité s'ils gardent les commandements de Dieu, mais c'est « dans la fournaise de l'adversité (Ésaïe 48:10; 1 Néphi 20:10) » que nous sommes choisis. C'est le combat auquel nous nous attendions lorsque nous avons « crié de joie (Job 38:7) » à la perspec tive de ce temps sur terre. Je crois que le défi d'apprendre à faire et à maintenir les bons choix face à l'opposition nous a séduits lorsque Dieu a présenté son plan, et nous devrions relever ce défi maintenant, sans crainte, sachant que 11 nous pouvons le faire et qu'Il nous soutiendra. Il est certain que l'alternative ne nous plairait pas. Comme l'a observé James E. Talmage : Sans l'occasion qui a ainsi été donnée, les esprits des enfants de Dieu seraient toujours demeurés dans un état d'enfance innocente, sans pé ché sans aucun effort de leur part ; sauvés de façon négative, non pas du péché, mais de l'occasion de faire face au péché, incapables de rempor ter les lauriers de la victoire parce qu'empêchés de prendre part au con flit (Articles de Foi, p.90). La promesse du Seigneur n'est pas de nous épargner le combat, mais de nous préserver et de nous consoler dans nos afflictions et de les consacrer pour notre bien (voir 2 Néphi 2:2, 4:19-26; Jacob 3:1). Donald L. Hallstrom, des Soixante-Dix, a donné un exemple actuel dans un ar ticle de l'Étoile de janvier 2006, où il a raconté les expériences du Frère Toshio Kawada et de son épouse Miyuki : Comme nous tous, Toshio Kawada, de la paroisse de Obihiro, pieu de Sapporo, au Japon, a dû faire des choix difficiles face aux difficultés de la vie. Il s’est joint à l’Église en 1972, et lui et sa femme Miyuki, ont été scellés au temple de Laie, à Hawaï en 1978. Ils ont deux fils. . . . Il y a plus de 20 ans, alors que ses enfants étaient encore très jeunes, frère Ka wada a travaillé pour son père, propriétaire d’une ferme laitière. Tragiquement, un jour, la grande étable, où leurs vaches et tout leur équipement se trouvaient, a brûlé. Ruiné, son père est allé au syndicat des fermiers pour obtenir un prêt, qui lui a été refusé. Alors son père et son frère aîné ont déclaré faillite. Bien que légalement non responsable, frère Kawada s’est senti obligé de les aider à rem bourser toutes les dettes. Alors que frère Kawada cherchait une solution à son problème, il a décidé de planter des carottes. Il avait cultivé des pommes de terre. Mais il ne savait pas cultiver des carottes. Il a planté les graines et a prié ardemment pour que ses carottes poussent. 12 Pendant tout ce temps, frère Kawada a fidèlement servi dans l’Église, il a res pecté le jour de sabbat et payé sa dîme. Quand les membres de sa famille et lui mettaient leurs vêtements du dimanche et allaient aux réunions dominicales, beaucoup de voisins se moquaient d’eux. Il était difficile de perdre un jour par semaine de travail aux champs, surtout au moment de la moisson. Il ne leur a pas toujours été facile de payer leur dîme, mais ils l’ont docilement et joyeuse ment offerte au Seigneur. L’automne est arrivé et les carottes de frère Kawada se sont avérées inhabituel lement douces et grosses et de couleur particulièrement vive. Il a eu une ré colte abondante et est allé demander de l’aide au syndicat des fermiers, qui a refusé de vendre ses carottes dans son réseau de distribution. Frère Kawada a jeûné et prié et s’est senti inspiré à chercher un distributeur à Tokyo, ce qui est très difficile à trouver, sans relations. Frère Kawada a eu la bénédiction de trouver un important distributeur à Tokyo. Depuis lors, il a très bien réussi et a remboursé toutes les dettes de son père. Il possède une grande exploitation agricole qui emploie beaucoup de personnes et enseigne aux jeunes agriculteurs comment organiser efficacement leur en treprise. Même dans des circonstances exceptionnellement difficiles, frère Kawada a choisi d’être fidèle aux promesses qu’il avait faites dans ses alliances du bap tême, de la prêtrise et du temple. Permettez-moi de vous lire quelques passages tirés du témoignage de frère Ka wada : Parfois, nous avons travaillé jusqu’à minuit le samedi pour ne pas enfreindre le jour de sabbat. Le lendemain, nous allions à l’église sans avoir beaucoup dormi. Un jour, en rentrant de l’église, nous avons découvert qu’une vache s’était prise dans la clôture du pré et était morte. Il nous est parfois arrivé de perdre des millions de yens en raison des dommages occasionnés à notre foin coupé qui était resté dans le pré, le jour du sabbat, alors qu’il avait plu. Nous savions que ces accidents n’arrivaient pas parce que c’était dimanche. Si l’on 13 se soucie de ce genre de chose, on n’est jamais capable de respecter le jour du sabbat. Les accidents peuvent arriver n’importe quand. Nous avons planté des carottes et avons très bien réussi. Enfin, nous réussis sions à mettre notre vie en ordre. Quand on cultive des carottes, qu’il pleuve ou que l’on soit en congé le dimanche n’a pas d’importance. Nous étions maîtres de nos décisions. Nous pouvions servir plus facilement dans quelque appel que ce soit. Dans notre profession, nous utilisons beaucoup de personnel à temps partiel. Quand nous sommes vraiment très occupés, nos employés suggèrent que nous travaillions le dimanche. Je leur dis que nous ne travaillons pas le di manche. Lorsque notre personnel sait cela, il travaille dur et prend rarement des jours de congés. Le dimanche, les employés les plus jeunes passent la jour née avec leurs enfants et les plus vieux rendent visite à leurs petits-enfants. J'aime ça. Exercer son libre arbitre dans un contexte parfois marqué par l'opposition et les épreuves donne à la vie une dimension qui dépasse le simple exercice d'un questionnaire à choix multiples. Dieu s'intéresse à ce que vous devenez grâce à vos choix. Il n'est pas satisfait si votre libre arbitre moral se résume à un effort mécanique pour respecter certaines règles. Votre Sauveur veut que vous deve niez quelqu'un, et non pas que vous accomplissiez certaines choses. Il s'ef force de vous rendre fort et indépendants — plus capable d'agir par vous même que peut-être ceux des générations précédentes. Vous devez être ca pable d'être justes, même lorsqu'il retire son Esprit, ou, comme l'a dit Brigham Young, même « dans les ténèbres ». Utiliser votre libre arbitre pour choisir sa volonté, et ne pas faiblir même lorsque les choses deviennent difficiles, ne fera pas de vous une marionnette de Dieu ; cela vous rendra semblable à Lui. Dieu vous a donné le libre arbitre et Jésus vous a montré comment l'utiliser afin que vous puissiez, un jour, apprendre ce qu'ils savent, faire ce qu'ils font, et être ce qu'ils sont. 14 Souvenez-vous qu'avec son don de libre arbitre moral, votre Père Céleste vous a gracieusement fourni de l'aide pour exercer ce libre arbitre de manière à pro duire des fruits précieux et positifs dans votre vie ici-bas et dans l'au-delà. Parmi d'autres ressources, vous avez les Écritures qui contiennent la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ, des mentors et des parents qui vous aiment, la voix des prophètes et des apôtres qui vivent parmi vous, les alliances et les or donnances de la prêtrise et du temple, le don du Saint-Esprit, la prière et L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Appuyez-vous constam ment sur ces ressources pour guider vos choix et faire toujours ce qui plaît à Dieu. Avec le Président Hinckley, j'exprime ma confiance en vous. Je remercie Dieu pour vous. Je remercie Dieu pour le don du libre arbitre moral. Je le remercie pour le don de Son Fils, dont la vie et le sacrifice animent ce libre arbitre moral. Je témoigne que Jésus-Christ nous a rachetés de la Chute, qu'il vit, et que par lui nous « sommes libres de choisir la liberté et la vie éternelle (2 Néphi 2:27). » Au nom de Jésus-Christ, amen. 15